samedi 14 mai 2016

14 Mai _//\\_

En mémoire de Maître Rennyo (1415-1499), 8e patriarche de notre école.
Voici une de ses lettres traduite par Révérend Ötani Chôjun dans 'Les problèmes de la Foi et de la Pratique chez Rennyo à travers ses Lettres - Ofumi.'
Le 14 Mai est son entrée en Terre Pure du Buddha Amida. _()_




 FASCICULE III (Par Maître Rennyo)

       Quatrième Lettre 


    A regarder à fond les aspects du monde des hommes1, nous nous trouvons convaincus que les choses sont éphémères : les êtres vivants reviennent infailliblement à la mort; ceux qui prospèrent déclinent à la fin. Cependant, les hommes passent leurs jours et leurs nuits en vain, et les mois et les années s'enfuient. Il n'y a rien de plus affligeant.
    Mais c'est là la loi de l'impermanence à laquelle personne ne saurait échapper, depuis le plus respectable au monde, le grand saint homme2, jusqu'au scélérat Devadatta3.
    Il est rare de venir au monde dans une existence humaine4; il est difficile de pouvoir rencontrer la Loi bouddhique. Même si, par chance, on la rencontre, il sera impossible de nous soustraire au cycle de la naissance et de la mort5 par le moyen de la Voie sainte6 et des pratiques fondées sur notre propre force, étant donné que nous vivons aux temps derniers7. Tout serait donc vain, si nous n'avions connaissance du Vœu originel du Tathâgata Amida.
Or nous voilà devant l'unique enseignement du Vœu généreux ! La seule chose à souhaiter est de renaître dans la Terre Pure de la Sukhâvatî9; le seul en qui nous confier, est le Tathâgata Amida. C'est pourquoi nous déterminons notre foi et nous pratiquons l'invocation du Buddha.
    Toutefois chacun est persuadé qu'il n'a qu'a réciter Namu Amida Butsu à haute voix pour aller renaître dans la Contrée bienheureuse. Cela est tout à fait incertain10.
    Quel est donc le sens des six caractères de Namo Amida Butsu ?
C'est que, si l'on compte iniquement sur le Tathagata Amida, ce dernier, connaissant bien chaque être, viendra le secourir. C'est cette démarche qu'il veut exprimer par ces six caractères.
    Dès lors, comment faut-il croire au Tathâgata pour être sauvés dans notre vie ultérieure - ce qui est chose de première importance ? 
Vous n'avez qu'a vous en remettre à lui avec la pensée unifiée dans une même intention, et lui vouer une foi sans pensée seconde, sans vous faire de soucis inutiles et en renonçant aux œuvres et aux bonnes actions diverses. Alors, il émettra une lumière dans laquelle baigneront les être qui s'en remettront à lui. C'est ce qui s'appelle "le bénéfice de la lumière de la capture", ou bien les "bénéfices du serment du non-abandon"11 du Tathâgata Amida.
     Quand nous auront été baignés ainsi dans la lumière du Tathâgata Amida, il n'y a aucun doute que nous iront remettre immédiatement dans la vraie terre de rétribution12 dès que notre vie aura pris fin.
    A quoi bon prier d'autres buddha ou pratiquer d'autres bonnes actions ou œuvre méritoires ? Qu'il est vénérable et digne d'admiration, le Tathâgata Amitâbha ! Comment pourrons nous lui rendre grâces de ses bienfaits abondants comme la pluie ou grand comme une montagne ? Pour achever de lui rendre grâce pour ses bienfaits et sa vertu, nous n'avons qu'a réciter Namu Amid Butsu à haute Voix. Vous comprendrez la chose ainsi.
    Avec mes respects

    Le 18 du 8e mois de la 6e année de Bunmei (1474)

_______



1 Ningen, monde des hommes, sk. manusya, un des six mondes (voies)de la transmigration, rokudô, sk. Sadgati.

2 Daishô seson, le grand saint homme, le plus respectable au monde, maha-muni, bhagavat, titres honorifiques donnés au Buddha Shakyamuni, Gautama. 

3 Daiba, devadatta, cousin du buddha.Selon la tradition qui s'est établie, il était très pervers de nature et commit de nombreux crimes. Il essaya de remplacer le Buddha à la tête de sa communauté et tenta en vain de l'assassiner.

4 Parmi les six mondes de la transmigration, il est très rare de pouvoir naître dans celui des hommes.

5 Les êtres sont voués à transmigrer, autrement dit à naître et mourir sans cesse. Il est nécessaire à se soustraire à cette Loi de transmigration pour arriver au nirvana ou repos éternel.

6 Jiriki shugyô no mon: Les pratiques fondés sur la propre force des êtres (jiriki) correspondent à l'enseignement de la voie sainte (shôdo mon); celle qui se fondent sur la force de l'autre (tariki) correspondent à l'enseignement de la terre pure (jôdo mon).

7 Matsudai, temps derniers.

9 Gokuraku jôdo, la Terre Pure, ou "contrée bienheureuse" d'Amitâbha

10 Rennyo vise ici une hétérodoxie appelée mushin shômyô , "invoquer le nom, sans avoir la foi".  Quoiqu'il emploie le terme "incertain", il exprime une négation catégorique.

11 Sesshu no kôyaku "faveur de la lumière captivante" et fusha no seiyaku "serment du sermon de non-abandon"
sont désignés comme un ensemble : sesshu fusha no riyaku", "faveur d'assimilation et de non-abandon". Le 18e voeu promet de combler les êtres sensibles de cette faveur.

12 Shinjitsu no hôdo  : la vraie terre de rétribution. 









vendredi 26 février 2016

En quelques mots ...



Comment allez-vous ?


Voici six petites phrases (trop anarchiques pour être appelées des poèmes) dont quatre "pseudo-haïku". Un haïku est un petit poème d'origine japonaise suivant plusieurs règles que je n'ai pas eu le talent d'appliquer ici, d'ou le terme de pseudo. Par contre j'ai respecté la construction originale de ses 17 syllabes sur 3 vers, en : 
5 - 7 - 5 (syllabes).

Les 2 autres "poèmes" ne suivent aucunes règles, je ne pense même pas que l'on puisse les qualifier de proses.. 

(Vous pourrez consulter quelques notes à la fin de cette page)


Namaste ~ ~ ~



















Empruntant le 17e Sentier 1

il arrive à mes oreilles

Le Nom du Buddha.

S'écoulant au tréfond de mon être

C'est la foi qui surgit, Ah !


 1, 1000 ou 10 poussières de diamants

S'échappent de mon cœur

Empruntant le 18e Sentier. 1






























Par sa Lumière

La noirceur de mon cœur

Un papillon.

























De l'obscurité


Ama prend ma main 2

Nous nous Sourions.



































































"Namo 'Mida Bu"3

Une étoile dans la nuit

Se manifeste.































Le Diamant béni

Pratiques et préceptes

Ne le créeront pas.































Océan sans fond,

Sagesse du Buddha 

qui ne peut se concevoir.




Océan de Lumière

Que tes mérites 

Sont salutaires !



Sur le rivage

les langues d'eau

se déroulent avec fracas; 4


le grain de sable,

les entend véritablement 5

et rejoint

 Le Grand océan du Vœu.



























































_______


Notes 


1 : Le 17e et le 18e sentier : Le 17e et 18e vœux du Buddha Amida. > 
   Si l'ensemble des Vœux du Buddha Amida peut être qualifié de primordial, sans spécification cet adjectif fait référence au 18e d'ente eux. Des 3 Vœux faisant naître en Terre Pure du venu-de-l'ainsité Amida, seul le 18e (pour notre tradition) fait naître dans la Véritable Terre Pure de Rétribution. Celle ci est la Terre Pure dans toute sa gloire en rétribution des vœux que le Bodhisattva Dharmakara fit avant de devenir le Buddha Amida. Le 19e et 20e Vœux font naître dans des terres de transformations où les êtres né là accèderont à la Terre de Rétribution quand leur foi dans la sagesse du Buddha sera fixé (sans doutes)




    :  




2 : 10, 1 ou 1000 : Pour indiquer que leur nombre n'est pas important..
   Maître Shandao a parlé de 10 de ceux-ci .. mais également de 3 ou 5. Saurez-    vous de      quoi il s'agit ? : indice : Le "Sûtra des Contemplations" en parle           dans le stade le plus bas du stade le plus bas des pratiquants                           (16e contemplation).                    

3 : 'Mida : Contraction du Nom "Amida". Utilisée pour la première fois par Maitre       Shandao (善導大師 ; 613 - 681). Utilisée également par Maître Shinran             (1173-1263).
    Namo Amida Butsu : Litt. : Révérence au Buddha Amida. Maître Shandao lira     : Je prend s refuge dans le Buddha Amida ou Aspirer (à la naissance)  et           Transferer les mérites (de la pratique pour l'atteindre) KGSSII:34. RTC p.46.
    Maître Shinran lira que ces mérites ne sont pas ceux du l'Homme mais les         Mérites du Buddha Amida qui les lui transfert (eko).


4 : Ama (jp) : du sanskrit Amba : Mère. Maitre Shinran utilise ce terme dans le      Shozomatsu san numéro 84  pour parler de Kannon bosatsu p46 de l'édition de         l'université Ryukoku traduit par le Ryukoku Translation Center. Ici je l'applique au              Bouddha Amida. A noter que dans un de ses écrit Maître Shinran parle de          Kannon Bosatsu comme d'une émanation du Buddha Amida.


5   : Langues d'eau [...] avec fracas : à vous de deviner à quoi je fais ici               référence.     Le fracas est un son, le son d'un Nom.


6    : Véritablement : D'un "Cœur Unique et sans se troubler" dit le Sûtra                 d'Amida.





MERCI d'avoir pris le temps de me lire ! !

vendredi 15 janvier 2016

Biographie illustrée de Sa Sainteté Shinran (2/2)



Aujourd'hui (au japon 8 heures avant nous) a lieu la commémoration annuelle (Hôonkô) de Sa Sainteté Shinran Shônin (1173-1263) premier patriarche* de notre école.

C'est en ce jour que la branche (ha) Honganji(la plus importante numérairement parlant) de l'école Jôdo Shinshû commémore le décès en ce monde et l'entrée en Terre Pure du Buddha Amida de celui qui fut un maître bouddhiste Majeur de l'époque Kamakura.


Vous trouverez la première partie publié l'année dernière ici

Je vous laisse donc en compagnie de la deuxième partie cette très belle illustration de la vie du Shônin.




Exile de Maître Genku (Hônen Shônin) vers la province de Tosa sur l'Ile de Shikoku. Il reçoit le nom de criminel de Fujii-no-Motohiko,



Tristesse de ses disciples



Maître Shinran (qui se donna ce nom à cette période) diffuse l'enseignement qu'il reçut de Maitre Hônen dans les campagnes à Echigo ou fut condamné à l'exil. Il reçu le pardon impérial au bout de 4 ans mais il décida de rester encore quelque années à Echigo.
Avec sa famille Maître Shinran quitte la province d'Echigo pour celle d'Hitachi. 



Il s'installa par la suite dans le village de Inada dans le comté de Kasama. IL avait 44 ou 45 ans. Il y resta près de 20 ans.



Prêtres et laics lui rende visite à Maitre Shinran les uns après les autres.



Shinran shônin à l'age de 42 ans.



Yamabushi a Itajiki-yama au sude  de la région de 
Inada. Ici Bennen et ses hommes.



"Yamabushi" (lit. Les dormeurs de la Montagne)armés de Naginata. 
. Au dos d'un des guerriers : la roue, symbole de l'enseignement du Bouddha. Les yamabushi étaient des disciples du Shugendo, un ascèse fortement influencé par le Bouddhisme.




"Bennen" qui essaya de piéger le shonin à plusieurs reprises sans y arriver. Bennen souhaitait le tuer car il était contre l'enseignement promulgué par Shinran.



Bennen appelle Maitre Shinran devant son hermitage. Ce dernier vient à sa rencontresans hésitation. Bennen fut impressionner par le Shônin



Bennen cassa son arc et ses flèches, jeta son épée et son baton. Il prit refuge dans l'enseignement véritable de la Terre Pure transmis par Shinran



"Shinran Shônin"



Près de la chapelle (Shinto) Hakone un vieil homme ouvre la porte a Shinran et ses compagnons qui cherchant un endroit ou dormir frappent à la porte.



Il leur dit qu'il fit un rêve ou le dieu Gongen lui apparu et lui rint ces propos : " un invité spécila que je révère spécialement viendra bientôt par cette route. Assure toi que le respect et la courtoisie lui soit apporté, et considère le avec le plus grand soin."
 "Avant que je soi pleinement éveillé de ce rêve inspiré vous avez apparu soudainement devant moi. Comment pourriez vous être une personne ordinaire? Le message du dieu est indubitable. Le travail divin commande notre révérence la plus profonde."



Ainsi dit, le vieil homme du nom de Heitaro fait entrer le Shônin et prépare pour son invité de la nourriture "somptueuse au saveur délicate."



Episode de la chapelle Kumano.







L'obligation publique veut que Heitaro se rende en pelrinage à la chapelle de Kumano. Heitaro vient demander conseil au Shônin



Détail du précédent.



La chapelle de Kumano avec en haut à gauche le Shojoden, l'édifice principal du Lieu apparaissant dans le rêve de Heitaro.



Heitaro à une vision du Shônin dans un rêve.



Dans ce rêve. la porte du temple est ouverte et un laic en tenue de cérémonie appropriée arrive et demande à Heitaro " Pourquoi es-tu venu ici dans un tel état impur et souillé, sans peur de la divinité ? A ce moment le Shônin apparait soudainement devant lui et dit 
" Il pratique le Nembutsu en accord avec les instructions de Zenshin "
La dessus le laic leva son sceptre de la facon appropriée  et s'inclina profondément pour montrer son respect au Shônin sans dire un mot. Alors Heitaro s'éveilla.
Il fut frappé d'un étonnement indiscible



Détail



Vers la fin du 11e mois dans la seconde année de l'eau/chien (1962) temple de son jeune frère (Jin'u) Maitre Shinran devint malade



Il y rencontre ses disciples



Se couchant sur le coté droit face à l'ouest et sa tête vers le nord, le Shônin expire son dernier souffle en récitant le Nembutsu. Il a 90 ans.



Détail



Détail



Les disciples du Shônin apportent le cercueil.



En haut : Les moines guardiens.
En Bas : le palanquin qui porte le cercueil



Crémation de Shinran shônin au temple Ennin(ji) à Higashiyama



En blanc : l'homme qui réalise la crémation



Tristesse des disciple du Shônin



En 1272 la tombe du Shônin à Otani au nord de Toribeno à l'ouest du pied de Higashiyama est déplacé vers l'Ouest et placé au nord de Yoshinizu. Là un mausolé est construit et une image du Shônin enchassée.




Merci Shinran sensei 

   Namu Amida Butsu ~ ~ ~









My deepest thanks to Zuio Inagaki pour le texte à | Zuio hisao Inagaki sensei _/|\_
Mes plus profonds remerciements for the text to     |


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* Maître Shinran ne fonda aucune école ni aucun dojo ou temple. Cependant ses disciples et ses descendants perpétuèrent la mémoire du Maître. Les écrits de celui-ci devinrent la pierre angulaire pour ceux et celles qui se réclameront de l'enseignement qu'il transmis à travers notamment son KyoGyoShinShô et ses hymnes en japonais (wasan). Peu à peu et sous l'impulsion de ses patriarches (descendants de M. Shinran) la JôdoShinshû devint une école à part entière et indépendante. Elle est aujourd'hui l'école bouddhique comptant le plus de fidèles.