jeudi 18 avril 2013

Une seule fois ! (1)


" Au maximum, on y passe toute sa vie et, au minimum, un jour, 

une heure ou une seule commémoration. [...] Le sens général est 


qu'après avoir produit une seule fois les [trois] cœurs, comme 


promis, il n'y a plus de régression jusqu'à ce que cette vie 


s'achève : on a seulement la Terre pure pour terme."



Shandao cité par le révérend Jérôme Ducor 
dans son Le sûtra des contemplations du Buddha Vie-Infinie.p.200.










J'aime beaucoup cette citation car maître Shandao explique d'une manière simple ce qu'il nommera l'acte de fixation dans le vrai: j'ai nommé la commémoration(penser à, avoir à l'esprit) du Buddha[nembutsu]. La commémoration¤ qui pour Shandao revêt un double aspect* : En même temps la prononciation du nom du Buddha et la disposition mentale correcte. 
Cette dernière qui est la production des trois cœurs** ne se déroule qu'une seule fois. Une fois pour toute s'éveille en nous comme l'écrira Shinran dans son Kyôgyôshinshô la"première pensée de foi (one thought-moment of shinjin)" . 
En effet, comme nous l'avons déjà vu les trois cœurs*de Shandao sont pour shinran, tous inclus dans le cœur de foi. Cette foi éveillée par le Buddha Vie-Infinie. Au moment ou l'Homme et le Buddha se font face émerge chez l'être humain l'assurance qu'il ira naître dans la Terre Pure d'Amida.



Il n'y a plus de régression : Si maître Shinran est vu comme le maître qui porta l'accent sur l'accession à l'irréversibilité dès cette vie-ci, c'est à dire que la progression vers l'éveil est dorénavant inéluctable et sans efforts, il semble bien à la lecture de ce passage que cela était déjà le cas chez maître Shandao. 

L'irréversibilité de notre naissance nous place de facto dans le groupe des fixés dans le vrai, comme le Bouddha Amida nous l'a promis dans son 11ème vœu(voir les notes).


Jusqu'a que cette vie s'achève : A ceux qui pensent que les hommes et les femmes de la lignée de maitre Shinran ont tord d'attendre la fin de cette vie pour aller naître en Terre Pure, je dirais qu'il n'est pas certain que celle ou celui qui me lis soit encore parmi nous et n'ai pas été atteint d'un Accident Vasculaire Cérébrale ou d'une crise cardiaque et j'en passe (vous qui lisez ce blog sur votre smartphone faite attention en marchant..une voiture, un camion est si vite arrivé). Cette vie n'est pas si longue que l'on pourrait croire.. la fin est si vite arrivée..

Il est à noter que ce n'est pas une invention de notre fait que d'aller naître en Terre pure se déroule au terme de cette vie-ci.. ce n'est pas maitre Shandao non plus qui l'aurait décrété un matin en se réveillant ^^, non.. 
Nous nous réferont bien au mots d' un inconnu..... du nom de Buddha Shakyamuni. Des mots rapportés aussi  bien dans le Sûtra de Vie-Infinie que dans le Sûtra des contemplations du Buddha Vie-Infinie (lire ces deux Sutra ici en anglais accompagnés du Sûtra d'amida). 




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Pour finir ce petit commentaire est appliqué au passage ci-dessous et particulièrement la fin de celui-ci. Ce passage tiré du Sûtra des contemplations du Buddha Vie-Infinie (le Guanjing) est le début de la quatorzième contemplation du Guanjing, énoncée par le Buddha Shakyamuni :


" Le Buddha déclara à Ananda et Vaidehi : " Voici les êtres supérieurs de la classe supérieure. 


S'il y a des êtres*** qui font vœu de naître en ce royaume et qu'ils produisent les trois cœurs, ils vont y naître aussitôt même. Quels sont ces trois ? Le premier est le cœur de sincérité; le deuxième est le cœur profond ; le troisième est le cœur de la production du vœu et du transfert des mérites. Celui qui est pourvu des trois cœurs naît nécessairement en ce royaume.

En outre il y a trois catégories d'êtres qui obtiendront d'y aller naître. Quels sont ces trois ? Les premiers sont ceux qui s'abstiennent du meurtre, motivés qu'il sont par la bienveillance, et qui sont pourvus de la pratique des préceptes; les deuxièmes sont ceux qui déclament les Sûtras développés du grand Véhicule; Les troisièmes sont ceux qui cultivent les six commémorations. En produisant le vœu du transfert de ces mérites , ils font vœu de naître en ce royaume, et, pourvus de ces mérites pendant un jour ou jusqu'à une semaine, ils obtiennent aussitôt d'y aller naître. "



Mes plus vifs remerciement à monsieur jérôme Ducor d'ou est tiré ce commentaire de Shandao et l'extrait du Sûtra des contemplations. _()_
Voir aux éditions Brepols : Le Sûtra des contemplations de Vie-Infinie. Essaie d'interprétation textuelle et iconographique. Par jérôme Ducor et Helen Loveday.

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Notes :

¤ A distinguer de la contemplation, basée sur une méditation ou le pratiquant visualise le Buddha.


• *Voir Jérôme Ducor. Shandao et Honen. Journal of the International Associationo of Buddhist Studies
Volume 22•Number1•1999  p115


**Les trois cœurs du Sûtra des contemplations sont : 
- Le cœur de sincérité
- Le cœur profond
Le cœur de transfert des mérites et de production du vœu

Shandao identifiera ces 3 cœurs au Trois cœurs du Sûtra de Vie-Infinie que l'on retrouve dans le 18ème Vœu du futur Buddha Amida : 
- Le cœur sincère
- La Foi Réjouie
- Le désir de naître dans la Terre Pure


*** Le commentaire du révérend jérôme Ducor dit ici (entre autres): 
"Bien que les trois cœurs n'apparaissent que dans la première des neufs classes d'êtres, Shandao les appliques aussi aux huit autres classes et même aux treize contemplations méditatives, c'est-à-dire à la totalité des pratique du Guanjing."  



 Le 11ème vœu de Dharmakara - qui deviendra le buddha Amida- tiré du Sûtra de Vie-Infinie :

" Si je deviens Buddha et que les hommes et les dieux en mon royaume ne demeuraient pas dans le groupe des fixés dans le vrai, ni n'atteignaient  nécessairement l'extinction libératrice,  je ne prendrais pas le parfait éveil. "





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