jeudi 18 avril 2013

Une seule fois ! (1)


" Au maximum, on y passe toute sa vie et, au minimum, un jour, 

une heure ou une seule commémoration. [...] Le sens général est 


qu'après avoir produit une seule fois les [trois] cœurs, comme 


promis, il n'y a plus de régression jusqu'à ce que cette vie 


s'achève : on a seulement la Terre pure pour terme."



Shandao cité par le révérend Jérôme Ducor 
dans son Le sûtra des contemplations du Buddha Vie-Infinie.p.200.





Le retournement du cœur. eshin





J'aime beaucoup cette citation car maître Shandao explique d'une manière simple ce qu'il nommera l'acte de fixation dans le vrai: j'ai nommé la commémoration(penser à, avoir à l'esprit) du Buddha[nembutsu]. La commémoration¤ qui pour Shandao revêt un double aspect* : En même temps la prononciation du nom du Buddha et la disposition mentale correcte. 
Cette dernière qui est la production des trois cœurs** ne se déroule qu'une seule fois. Une fois pour toute s'éveille en nous comme l'écrira Shinran dans son Kyôgyôshinshô la"première pensée de foi (one thought-moment of shinjin)" . 
En effet, comme nous l'avons déjà vu les trois cœurs*de Shandao sont pour shinran, tous inclus dans le cœur de foi. Cette foi éveillée par le Buddha Vie-Infinie. Au moment ou l'Homme et le Buddha se font face émerge chez l'être humain l'assurance qu'il ira naître dans la Terre Pure d'Amida.



Il n'y a plus de régression : Si maître Shinran est vu comme le maître qui porta l'accent sur l'accession à l'irréversibilité dès cette vie-ci, c'est à dire que la progression vers l'éveil est dorénavant inéluctable et sans efforts, il semble bien à la lecture de ce passage que cela était déjà le cas chez maître Shandao. 

L'irréversibilité de notre naissance nous place de facto dans le groupe des fixés dans le vrai, comme le Bouddha Amida nous l'a promis dans son 11ème vœu(voir les notes).


Jusqu'a que cette vie s'achève : A ceux qui pensent que les hommes et les femmes de la lignée de maitre Shinran ont tord d'attendre la fin de cette vie pour aller naître en Terre Pure, je dirais qu'il n'est pas certain que celle ou celui qui me lis soit encore parmi nous et n'ai pas été atteint d'un Accident Vasculaire Cérébrale ou d'une crise cardiaque et j'en passe (vous qui lisez ce blog sur votre smartphone faite attention en marchant..une voiture, un camion est si vite arrivé). Cette vie n'est pas si longue que l'on pourrait croire.. la fin est si vite arrivée..

Il est à noter que ce n'est pas une invention de notre fait que d'aller naître en Terre pure se déroule au terme de cette vie-ci.. ce n'est pas maitre Shandao non plus qui l'aurait décrété un matin en se réveillant ^^, non.. 
Nous nous réferont bien au mots d' un inconnu..... du nom de Buddha Shakyamuni. Des mots rapportés aussi  bien dans le Sûtra de Vie-Infinie que dans le Sûtra des contemplations du Buddha Vie-Infinie (lire ces deux Sutra ici en anglais accompagnés du Sûtra d'amida). 




•      •      •


Pour finir ce petit commentaire est appliqué au passage ci-dessous et particulièrement la fin de celui-ci. Ce passage tiré du Sûtra des contemplations du Buddha Vie-Infinie (le Guanjing) est le début de la quatorzième contemplation du Guanjing, énoncée par le Buddha Shakyamuni :


" Le Buddha déclara à Ananda et Vaidehi : " Voici les êtres supérieurs de la classe supérieure. 


S'il y a des êtres*** qui font vœu de naître en ce royaume et qu'ils produisent les trois cœurs, ils vont y naître aussitôt même. Quels sont ces trois ? Le premier est le cœur de sincérité; le deuxième est le cœur profond ; le troisième est le cœur de la production du vœu et du transfert des mérites. Celui qui est pourvu des trois cœurs naît nécessairement en ce royaume.

En outre il y a trois catégories d'êtres qui obtiendront d'y aller naître. Quels sont ces trois ? Les premiers sont ceux qui s'abstiennent du meurtre, motivés qu'il sont par la bienveillance, et qui sont pourvus de la pratique des préceptes; les deuxièmes sont ceux qui déclament les Sûtras développés du grand Véhicule; Les troisièmes sont ceux qui cultivent les six commémorations. En produisant le vœu du transfert de ces mérites , ils font vœu de naître en ce royaume, et, pourvus de ces mérites pendant un jour ou jusqu'à une semaine, ils obtiennent aussitôt d'y aller naître. "



Mes plus vifs remerciement à monsieur jérôme Ducor d'ou est tiré ce commentaire de Shandao et l'extrait du Sûtra des contemplations. _()_
Voir aux éditions Brepols : Le Sûtra des contemplations de Vie-Infinie. Essaie d'interprétation textuelle et iconographique. Par jérôme Ducor et Helen Loveday.

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Notes :

¤ A distinguer de la contemplation, basée sur une méditation ou le pratiquant visualise le Buddha.


• *Voir Jérôme Ducor. Shandao et Honen. Journal of the International Associationo of Buddhist Studies
Volume 22•Number1•1999  p115


**Les trois cœurs du Sûtra des contemplations sont : 
- Le cœur de sincérité
- Le cœur profond
Le cœur de transfert des mérites et de production du vœu

Shandao identifiera ces 3 cœurs au Trois cœurs du Sûtra de Vie-Infinie que l'on retrouve dans le 18ème Vœu du futur Buddha Amida : 
- Le cœur sincère
- La Foi Réjouie
- Le désir de naître dans la Terre Pure


*** Le commentaire du révérend jérôme Ducor dit ici (entre autres): 
"Bien que les trois cœurs n'apparaissent que dans la première des neufs classes d'êtres, Shandao les appliques aussi aux huit autres classes et même aux treize contemplations méditatives, c'est-à-dire à la totalité des pratique du Guanjing."  



 Le 11ème vœu de Dharmakara - qui deviendra le buddha Amida- tiré du Sûtra de Vie-Infinie :

" Si je deviens Buddha et que les hommes et les dieux en mon royaume ne demeuraient pas dans le groupe des fixés dans le vrai, ni n'atteignaient  nécessairement l'extinction libératrice,  je ne prendrais pas le parfait éveil. "





dimanche 17 février 2013

Réunion publique d'enseignement et de Liturgie Jôdo Shinshû à Paris (!)

Je suis heureux de vous annocer que le Revérend Jérôme Ducor animera une rencontre sur l'enseignement véritable de la Terre Pure, comportant une partie sur Shinran shônin ainsi qu'une liturgie de notre école. Cela se déroulera:

Centre d’Informations et de Documentation pour l’Etude du Bouddhisme (CIDEB)

le vendredi 15 Mars 2013 à 19 h  

à l'adresse suivante: 
29 boulevard Edgar-Quinet, 75014 Paris 



Entrée Libre 



Accès:

• Un plan ici 
• Métro : Montparnasse ;Edgar-Quinet ; Gaîté
Pour les personnes handicapées ou ayant des difficultés à monter un escalier, veuillez emprunter l'entrée située au 2 rue Poinsotpour pouvoir emprunter un ascenseur(interphone : IEB-CIDEB)



Tout le monde est bienvenu (Aux sympathisants et autres personnes intéressés ! dixit jérôme Ducor ) : ) Pour le programme, cliquez ici : http://www.pitaka.ch/reunion.pdf 


Site web du CIDEB : http://www.bouddhismes.net/CIDEB
Téléphone du CIDEB (nouveau numéro!) : 01.83.96.92.38


vendredi 1 février 2013

GLOSSAIRE Bouddhique

G l o s s a i r e
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Pour l'instant ce glossaire est au stade embryonnaire mais a bien sur vocation à s'étoffer.




A

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Acte de la vraie fixation : le nembutsu du pouvoir autre. Namu Amida Butsu
" Parceque cela suit le vœu de ce Buddha.(...).Autrement dit, le nembutsu de la prononciation du nom est la pratique du vœu primordial de ce Buddha.Par conséquent, celui qui cultive le nembutsu est véhiculé par le vœu de ce Buddha et ira nécessairement naître dans la Terre Pure. "
- Maitre Hônen
Senchaku-shû: Chapitre II p.63
Traduction du révérend Jérome Ducor


Ainsité (Tathatā, Dharmatā: nature de la loi) Dans le bouddhisme Tathatā désigne l'ainsité, littéralement Les choses telles qu'elle sont. C'est la vrai réalité des choses constituant le réel tel quelle, sans subjectivité des êtres et même au-delà de l'objectivité des êtres non éveillés. Peut-être appellée également Nature de la Loi* ou Dharmatâ (hosshô) et n'est réellement appréhendable que par un Buddha pleinement éveillé. 

Amida  (Amitâbha & Amitâyus): Nom japonais que porte le Buddha révélé par le buddha Shakyamuni dans le Grand Sûtra de Vie-Infine.Il vient du radical des deux noms sanskrit que porte cet évéillé : Amitâbha(Amitâ - tabha) lumière infinie et Amitâyus (Amita - tayus) Vie Infinie. Deux Sûtra révèlent qu'ils est devenu buddha depuis maintenant 10 Ages.
Lorsqu'il était bodhisattva il fit prononça ses vœux qui étaient au nombre de 48.

Avalokitasvara Communément appelé Avalokitesvara (Chin: Kwan shi yin, kwan yin; Jap: Kannon, kanzeon ; Viet: Kwan thé Äm, Kwan Äm) : Littéralement: Observateur des voix. Ce bodhisattva qui accompagne le buddha Vie-Infinie et le Bodhisattva Mahastamaprapta dans le Grand Sutra de Vie Infinie et dans le sûtra des contemplations de vie-Infinie, accueille le mourant qui désire naître en terre Pure, à la fin de la vie de celui-ci. Ce bodhisattva de 10ème stade, le stade le plus élevé, incarne la compassion par excellence est généralement représenté, depuis que le bouddhisme est arrivé en chine, sous une forme féminine . Il est vu tantôt comme la progéniture de Dharmakara, tantôt comme une émanation d'Amida.






B
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Bienheureuse(la) (Sukhavati) Le nom en sanskrit de la Terre Pure du buddha Amida. La première traduction du sanskrit en chinois donnera le nom de Bonheur-paisible". Un autre synonyme, bien répandu est celui de Bonheur-Suprême.C'est un champ d'éveil que le bodhisattva Dharmakara réalisa au termes de ses pratiques.
Tout comme le buddha n'est pas un dieu, sa terre pure, même si elle sera décrite dans le sûtra des contemplations dans les même terme qu'un paradis, n'est et ne peut en être un. Pour Shinran la Terre Pure du Buddha Amida est nirvana, de fait contrairement aux paradis et à ses habitants elle n'est pas soumise au changement et n'appartient pas au cycle des naissance et des morts.

Bodhisattva  Dans le courant Mahayana du Bouddhisme : Un être aspirant à l'éveil, a devenir buddha . La progression de celui ci se fait sur plusieurs niveaux ou bhumis généralement au nombre de dix. Ensuite le bodhisattva réalise la bouddhéité.

Buddha (Buddhaya, fr: bouddha): Littéralement éveillé. Par définition c'est un être qui n'a plus d'attachements en ce monde. Doté entre autre de la grande compassion et de la grande bienveillance(grand amour) supportés par la grande sagesse, il enseigne aux être comment se libérer du cycle des naissance et des morts(samsara). Le buddha historique de notre monde est le buddha Shakyamuni né au Népal au VIè siècle avant notre ère. Le courant Mahayaniste reconnait plusieurs Buddha du présent et pas uniquement les sept buddhas prédécesseurs de Shakyamuni en notre monde. L'un de ces Buddha est Amida, dont le champ d'éveil est la Terre Pure appelée la Bienheureuse
Pour le Mahayana chaque buddha possède trois corps, autant de dimensions différente les constituants.





C 
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Cinq perversions(les) (Jap: gogyaku)  Les pires fautes en dehors de la calomnie de la Loi. C'est commettre : le Parricide, la matricide, l'assassinat d'un saint, l'effusion intentionnelle du sang d'un buddha et le schisme de la communauté.(Jérome Ducor, glossaire de sa traduction du Tannishô)

Corps(les trois) Les trois corps que possède chaque buddha sont:
  •  Le corps de la loi (Dharmakaya, hosshin) ou corps élémentaire: C'est le corps élémentaire, la réalité ultime, sans forme, sans nom et ineffable, qui est partagés par tous les buddha et visible complètement uniquement d'eux seuls.
  •  Le corps de rétribution (Sambogakaya, hôjin) ou corps de jouissance: C'est un corps de personnification qu'accomplit chaque bodhisattva quand il devient un buddha. Ces buddha reçoivent ce corps en vertus de leurs vœux et pratiques quand il furent sur le chemin de l'éveil, et donc ont des corps de rétributions différents.
  •  Les corps de transformation (Nirmanakaya, keshin): Ce sont les corps matériel, visibles par les êtres, que les buddha utilisent pour se manifester en notre monde. 
○  Pour Maitre Tan Luan (476-532) le corps de la Loi à deux dimensions, la seconde étant l'équivalant du corps de rétribution:
  • Le corps de la Loi en tant que nature de la Loi (hosshô-hosshin) qui est "la nature véritable des éléments constitutif du réel" (Jérome Ducor. Glossaire de sa traduction du tannishô)
  •  et le corps de la loi en tant que moyens adaptés (hoben-hosshin) est le corps en faveur des êtres qui se manifeste du corps de la loi en tant que nature de la Loi. C'est le Buddha Amida sauvant les êtres.
A leur propos Maitre Tan Luan cité dans le KyôGyôShinShô s'exprime ainsi:
...Les Buddhas et les bodhisattvas ont deux corps de la Loi: (1) Le corps de la Loi en tant que Nature du Dharma et (2) le Corps de la loi en tant que moyens adaptés. Du corps de la loi en tant que Nature de la loi est originaire le corps de la Loi des moyens adaptés; à travers le corps de la Loi des moyens adaptés le corps de la Loi en tant nature de la Loi est révélé. Ces deux corps de la Loi sont différents mais inséparables; ils sont un mais pas le même.
KGSS IV:17


Correctement prédestinés ou Fixés dans le vrai : Ceux et celles ayant reçu la Foi du Pouvoir-Autre sont assurés d'aller en Terre pure au terme de leur vie présente. Il atteignent ainsi le stade de l'irréversible(avaivartika), le 8ème stade des bodhisattvas (sur 10 stades), à partir duquel ils ne peuvent plus rétrograder et réaliseront l'éveil sans effort.
A noter qu'en cette vie ils restent tout comme les autres êtres humains, soumis à leurs passions aveuglantes, ne découvrant leur vrai nature qu'en terre pure ou le nirvana sera atteint.





D
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Dharma  (la loi) L'enseignement des buddhas. Il est considéré dans le bouddhisme comme le deuxième des trois joyaux, avec le buddha(1er) et la sangha(3ème) 
Aux pluriel, Dharmas désignent également les élément constituants notre monde.

Dharmakara Le buddha Shakyamuni présente a son auditoire l'existence il y a extrêmement longtemps, du buddha Lokeshvararaja (Roi-Souverain-du-Monde) qui fut précédé par 53 autres buddhas, tous nommés par le buddha Shakyamuni. A cet époque vivait un roi qui  à l'audition de l'enseignement de ce Buddha, abandonna son trône et se dévoua au Dharma. Il prit le nom Dharmakara (Trésor-de-la-Loi) et fit ses vœux particuliers de bodhisattva, aux nombres de 48, face au buddha Roi-souverain-du-monde. Après plusieurs vies successives de pratiques, guidées par ses vœux, il devint un Buddha parfaitement accompli du nom de Amitâbha ou Amitayus (Amida).


Il serait peut-être tentant de considérer Dharmakara comme une métaphore, une allégorie. Cependant notons que à la lectures de divers Sutras nous remarquons que Shakyamuni utilise en effet régulièrement des métaphores comme outil d'enseignement. Cependant nous remarquerons que quand il le fait il emploi une méthode: Il présente ce qu'il veut dire, puis utilise la métaphore, et enfin, fait le lien entre celle-ci et l'idée de départ.Ce n'est pas le cas ici. 
De plus, on peut trouver que l'histoire de Dharmakara parait romancé. Notons bien qu'il existe également l' histoire d'un prince qui abandonna sa famille et partit dans la forêt pratiquer l'ascèse durant plusieurs années avant de réaliser l'éveil spirituel sous un arbre.Il finit par délivrer son enseignement jusqu'a la fin de ses jours. Cet homme qui devint l'une des plus grand figure spirituelle que son monde est porté et sur des dixaines de générations, des millions de fidèles se sont réclamés de son enseignement. Il s'agit de Siddharta Gautama appelé également...
... le buddha Shakyamuni (!!!) et cette histoire n'est remise en doute par personne si je ne me trompe...comme quoi !! ;-) romance...pas-romance...






P
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Pouvoir-Autre

" Le Pouvoir-Autre est le pouvoir du Vœu du Tathagata. "
                                     Shinran, KGSS II:81






T

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Tathâgata

Autre titre donné à un Buddha signifiant 'Venu de l'ainsité (Skt :Tathâta, ang:suchness)' 








V
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Voeux d'Amida quand il était Bodhisattva (principaux)



11ème vœu
«  Si je deviens bouddha et que les hommes et les dieux en mon royaume ne demeuraient pas dans le groupe des fixés (dans le vrai), ni n’atteignaient nécessairement l’extinction libératrice, je ne prendrais pas le parfait éveil. »


12ème vœu
«  Si je deviens bouddha et que les rayonnements de ma lumière  avaient la possibilité d’être mesuré, sans éclairer ne serait-ce que dix milliard de nayutas (cent milliards) de royaumes de bouddha,  je ne prendrais pas le parfait éveil »


13ème vœu
« Si je deviens bouddha et que la durée de ma vie avait la possibilité d’être mesurée ne serait- ce qu’en dix milliard de nayuta de kalpas, je ne prendrais pas le parfait éveil.»


17ème vœu
« Si je deviens Bouddha et que tous les bouddhas infinis dans les univers des dix directions ne louaient ni ne célébraient pareillement mon nom, je ne prendrais pas le parfait éveil. »


18ème Vœu
« Si je deviens bouddha et ques les êtres des dix directions qui, d’un cœur sincère et d’une foi réjouie, désirent naître en mon royaume, ne serait-ce qu’en dix commémorations, ni naissaient pas, je ne prendrais pas le parfait éveil. Exception faite seulement de (ceux qui commettraient) les cinq perversions et la calomnie de la loi correcte. »  


19ème vœu
« Si je deviens bouddha et que les êtres des dix directions produisent la pensée de la bodhi (éveil), cultivent tous les méritent et produisent d’un cœur sincère le désir de naitre en mon royaume sans même qu’entouré d’une grande foule, je ne me manifeste devant ces gens à l’instant où ils affronteront la fin de leur vie, je ne prendrais pas le parfait éveil. » 


20ème vœu
« Si je deviens bouddha et que les êtres des dix directions qui entendront mon nom lient leur pensées à mon royaume, plantent toutes les racines de mérites, d’un cœur sincère, les transfèrent désirant naitre en mon royaume, mais sans que le fruit s’en suive, je ne prendrais pas le parfait éveil. »   


22ème vœu
«  Si je deviens bouddha, toutes les foules des bodhisattva des terres de buddha des autres directions venu naitre en mon royaume finiront nécessairement par atteindre le rang ou l’on occupe la place sur le siège de l’éveil après une seule naissance. Exception fait de ceux qui – en raison de leur transformation en faveur des êtres par la maitrise de leur vœu primordial – revêtiront l’armure de la promesse universelle, accumuleront les racines de mérites, délivreront l’ensemble des êtres, visiteront tous les royaumes de buddhas, cultiveront le cursus des bodhisattvas, feront des offrandes à tous les bouddhas Venus-de-l’ainsité des dix directions et enseigneront aux foules infinis comme le sable du Gange afin de les rétablir dans l’éveil correct et insurpassable. (Les bodhisattva nés en mon royaume) sauteront par-dessus les classes habituelles : le cursus de tous les stades se manifesteront face à eux, et ils cultiveront les mérites de Samanthabadra. Sinon je ne prendrais pas le parfait éveil. »    


Copie de 
"Les principaux vœux du Bouddha Amida
Exposés par le Bouddha Shakyamuni
dans le Sûtra de vie-Infinie"
Tiré de l'appendice du livre de Jérome Ducor intitulé 'Le Tannisho' p.107-108



mercredi 23 janvier 2013

Allons-y gaiement !


La Foi ne survient pas
De l’intérieur de soi;
   Le cœur de foi est lui-même
   Donné par le Pouvoir-Autre
                                                              Rennyo shônin (1415-1499)


Ce billet remplace celui que j'ai posté à la fin 2012 intittulé "la véritable cause de la naissance..."


Parmi les 48 Vœux spéciaux que fit le bodhisattva Dharmakara certains furent sélectionnés pour pouvoir donner aux êtres une méthode pour aller naître dans ce qui deviendrait sa Terre Pure.
Ils sont au nombre de trois : Le 18ème vœu, le 19ème et le 20ème.


Le 19ème vœu dit que ceux qui "cultivent les mérites" en d'autres termes ceux qui s'en remettent à diverses pratiques tels la méditation ou le stricte respect des préceptes bouddhiques, verront arriver devant eux le buddha Amida à la fin de leur vie. 

Le 20ème vœu lui, parle de "planter la racine des mérites" qui est la pratique unique et personnelle du nembutsu, "Namo Amida Butsu", afin là également d'aller naître en Terre Bonheur-Suprême.

Le 18ème est celui qui nous intéresse tout particulièrement. C'est celui-ci qu'ont retenu les maitres de notre tradition et nous en verrons la raison plus loin. Il est ainsi présenté dans le Grand Sûtra de Vie-Infinie prêché par le Buddha Shakyamuni




« Si je deviens buddha et que les êtres des dix directions qui, d’un cœur sincère et d’une foi réjouiedésirent naître en mon royaume, ne serait-ce qu’en dix commémorations, ni naissaient pas, je ne prendrai pas le parfait éveil. Exception faite seulement de (ceux qui commettraient) les cinq perversions et la calomnie de la loi correcte. »




Voyons ce vœu dans les détails : 

Concernant les cœurs : 
Le cœur sincère
la foi réjouie,
ainsi que le désire de naître en Terre Pure sont ce que l'on nomme les trois cœurs. Shinran, suivant la logique du maitre Indien Vasubandhu, dira que ces trois cœurs sont tous inclus dans le second, c'est-à-dire la foi réjouie, que nous retrouvons plus tard dans ce Sûtra sous le terme de cœur de foi (Jap.Shinjin; Sansk: Prasanna citta).


Concernant les dix commémorations
"...Dire le nom est en soit-même la commémoration; la commémoration est nembutsu; le nembutsu est Namu Amida Butsu." écrira Shinran.
Notons que pour lui le nombre de nembutsu n'a pas d'importance. En effet il notera que dans la phrase "ne serait-ce que en dix commémorations" le terme "ne serait-ce que" " écrit-il "peut inclure les deux, une seule et plusieurs prononciations."* 

En ce qui concerne l'exception :
Pour Shinran et les maitres qui l'ont précédé il ne fait aucun doute que cette exception a été citer par le Buddha car ce vœu est si fabuleux et vaste, n'étant pas réservé a ceux qui peuvent suivre une discipline stricte que ceux qui reçoivent cette foi risquent de se laisser à n'importe quel comportement et peut-être au pire : les cinq perversions**et le calomnie de la loi correcte ou calomnier l'enseignement du Buddha. Cet exception est une mise en garde, un garde fou. Cependant même ceux qui commettent ces méfaits iront naître en sa Terre Pure, muni de la foi du Buddha.

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" Ainsi, qu'il s'agisse de la pratique ou du cœur de foi il n'y a rien qui n'est pas été réalisé à travers le transfert des mérites d'Amida aux êtres hors de l'esprit du vœu pure. Ce n'est pas qu'il n'y a pas de cause ou qu'il y a quelque autre cause. Laisse ceci être sue.


En effet cette foi n'est pas notre mais provient du Buddha qui nous en transfert les mérites par sa sagesse. Cette foi est la foi dite du Pouvoir-Autre, c'est à dire la foi du Pouvoir du Vœu du Buddha Amida résultant de sa propre pratique avant qu'il ne devienne un buddha.

Ce n'est donc pas une foi éveillée par le "pratiquant", par ses propres calculs, ses pensées ou par ses pratiques quelles qu'elles soient. Même pas par une prononciation volontariste du nom du Buddha : Namo Amida Butsu, car cela en reviendrait à planter la racine des mérites(20ème vœu), et donc à compter sur ses propres forces pour pouvoir aller naître en Terre Pure. 
Il nous semble important de se demander si nous sommes capable de nous éveiller pleinement par nous même, par une pratique ou une discipline rigoureuse. Sinon il y a un autre choix: celui d'accepter la main tendu par un être déjà pleinement réalisé tel que le buddha Vie-Infinie (Amida).***

Juste un mot tout de même sur "ne pas compter sur ses propres forces". Ici nous parlons bien de l'éveil et du moyen pour y accéder. Il 'a jamais été question chez les enseignants de cette lignée de l'appliquer dans les autres domaines de la vie. Je veux dire par là qu'il est utile de compter sur ses propre forces dans notre vie au quotidien: pour réussir un examen ou un concours, chercher un emploi ou combattre une maladie par exemple. Il n'y a pas de doutes là dessus et les fidèles de la Jôdo shinshû ne sont en rien moins volontaristes que les autres pour mener une vie "normale".





親鸞聖人
Inscription en haut à gauche "Shinran shônin" (litt. "le saint homme Shinran")



Outre le fait que nous vivons dans une période ou l'enseignement du Buddha décline (voir dans ici dans le premier commentaire) pour bien comprendre ce qui fait du dix-huitième vœu la pierre angulaire de l'enseignement de la Terre Pure, il est utile de se pencher sur un Sûtra: Le grand Sûtra de Vie-Infinie prêché par Shakyamuni:

Dans le second fascicule(section XXI) nous est décrit une scène où le buddha Shakyamuni montre le buddha Amida et sa terre pure à Ananda, son disciple le plus proche. Dans la section qui suit, le buddha s'adresse de nouveau à dernier(en présence également de Maitreya, le futur buddha) et lui demande si il a bien vu ce buddha Vie-Infinie, ce à quoi celui-ci lui répond par l'affirmative. Nous apprenons alors que deux types de naissances ont lieu là-bas: les naissances par transformation et d'autres dans une matrice. C'est pourquoi le futur buddha Maitreya demande au Buddha Shakyamuni (section XXIII):


   " Honoré du monde ! C'est en vertu de quelle cause, en vertu de quelle condition, que les êtres de ce pays y renaissent dans la matrice ou y renaissent par transformation? 

La réponse de l'éveillé Shakyamuni est : 


 " Si des êtres vivants , ont des doutes dans leur cœur et qu’ils cultivent leurs mérites dans le but de renaître en ce pays, s’ils mettent en doute toutes les sagesses, à savoir : la sagesse impérissable du Bouddha, la sagesse impensable, la sagesse indicible, la vaste sagesse du grand Véhicule, la sagesse inégalable, incomparable, suprême et excellente, si en outre, faisant confiance à la notion de bien et de mal, ils cultivent des racines de biens dans le but de renaître en ce pays, tous ces êtres vivants renaîtront dans ce palais et y passeront cinq cent ans sans voir le Bouddha ni entendre l’enseignement des soutras, sans voir la foule des bodhisattvas ni celle des Saints Disciples. C’est à cause de cela que, en ce monde, on parle de renaissance dans la matrice. 
Si, au contraire, des êtres vivants ont une foi pure dans la sagesse du Buddha et dans toutes les autres jusqu'à la sagesse excellente, en vertu du transfert en eux de la foi profonde pleine de mérites, tous ces êtres vivants iront tout naturellement renaître par transformation dans une fleur de sept joyaux et s'y trouveront assis, les jambes croisées."

"..si en outre, faisant confiance à la notion de bien et de mal, ils cultivent des racines de biens dans le but de renaître en ce pays.." correspond bien au 19ème vœu. 

".. ont des doutes dans leur cœur et qu’ils cultivent leurs mérites dans le but de renaître en ce pays.." correspond bien au 20ème.

et vous avez j'en suis sur tout de suite identifié le 18ème vœu ici, le vœu de foi.


Le palais: C'est le palais de la matrice appelé également les confins de la Terre Pure. Les êtres qui ont des doutes naîtrons ici. Au bout de 500 ans la foi finira par éclore en eux et ils iront naître pleinement en Terre de rétribution c'est-à-dire la vrai terre pure: la Terre pure  Inconcevable du Buddha Amida dans toute sa splendeur et sa complétude. 
Elle est dite de rétribution car le buddha en a été rétribué en vertu des ses vœux et de ses pratiques. Et c'est là qu'iront naître directement les êtres doté de la grande foi. Cette naissance est une naissance dite de transformation, car les êtres y sont transformés en Buddhas.
Attention: Il ne faut pas voir le palais de la matrice comme un châtiment. En effet, premièrement un buddha ne châtie pas et de plus cette région de la terre pure est supérieur au royaume des hommes mais aussi à celui des dieux. 














"Celui qui à la chance d'entendre le nom de ce bouddha et se met à exulter de joie, n'en serait-ce qu'en une seule pensée, sache que cet être en retire un grand profit. Considère qu'il est rempli d'insurpassables mérites."

Le Buddha Shakyamuni s'adressant au futur Buddha Maitreya
Le Grand Sûtra de Vie-Infinie prêché par Shakyamuni






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* Ailleurs Shinran écrira toujours à propos du "ne serait-ce que" que ce terme "nous montre clairement qu'il n'y a pas un nombre défini pour dire le nom".
De plus, sur le pourquoi des dix prononciations Shinran notera que c'est pour montrer que "le nom n'est pas limité à une seule prononciation".

** Les cinq perversions: Parricide, matricide, assassinat d'un saint, l'effusion intentionnelle du sang d'un buddha et le schisme de la communauté bouddhique.

*** A ceux qui diront qu'il vaut mieux compter sur ses propres forces, et qui de plus trouveront étrange de s'en remettre à une force extérieur, je pense qu'ils ne se considèrent pas comme bouddhistes, car si tel est le cas vous saisissez l'ironie et de leur positionnement.... :-) 
(vous ne voyez vraiment pas?>>> tapez "triple refuge" sur votre moteur de recherche) 
Je prends refuge dans la Sangha, 
Je prends refuge dans le Dharma,
Je prends refuge dans le (.......ça commence par un B..)

Mérites insurpassables : Ne plus reculer sur le chemin vers la bouddhéité totale et réaliser le Nirvana en terre pure une fois sa vie achevée.