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dimanche 8 décembre 2019

Pensées de fin d'année



«Amida fait de la prononciation verbale l’essence du vœu Primordial»1 menant à la Terre Pure

Maintenant,

Que ta naissance soit 

Est uniquement dû 

À tes doutes

Ou à Sa Foi.




















Pareil à l’océan sans fond 

D‘où émergent 

Les vagues sans obstacles.

De la Foi naît la prononciation du Saint Nom : 

Du Nembutsu constant émergent le Nembutsu continuel3.
















                                                      
Il sort de ma bouche


"Namo Amida Butsu"


et pourtant je n'en ai pas l'usage.




















Namo Amida Butsu 


Le mérite d'Amida.


"Namo Amida Butsu !" :


C'est le Buddha qui chante.

                                                     



















Le Nembutsu du Pouvoir du Vœu du Buddha


Est le fruit


Que donne l'arbre de la Grande Foi,


Planté en nos cœur par Amida.





















C'est comme si le Buddha de la Terre Pure de L'Ouest,

Avait lancé un galet

Ricochant à la surface du grand lac de la Foi Sereine.

À chaque rebond, les encyclies4 formées

Ne sont que les Nembutsu du Pouvoir-Autre.




















--------------------------

Notes :

«Amida fait de la prononciation verbale l’essence du vœu Primordial» Phrase tirée de 'Notes on Essentials of Faith Alone’ écrit par Shinran Shônin (1173-1263) commentant un texte de son condisciple Maître Seikaku (1167—1235).

Nembutsu Constant et Nembutsu Continuel : Termes personnels inspirés par un passage de Maître Shinran ci-dessous.
Constantadjectif français que j'ai extrait du nom angalis"Constancy"  (adverbe: constantly est expliqué plus loin par maître Shinran et a de facto la même signification).Continueladjectif français que j'ai extrait à partir de l'adverbe anglais"Continually" :


"Every person should desire continually, up to the time of death, that all the excellent conditions and surroundings appear before them. (Maître Seikaku)
Commentaire de maître Shinran :
Continually means without stopping. Thus, you should desire from time to time as occasions arise. “Continually” here does not mean constancy. “Constancy” means that there should be no pause. It means always in terms of time, anywhere and everywhere in terms of place." 


Pouvoir du Vœu du Buddha Definition duPouvoir Autre par Maitre Shinran
Notion emprunté au maitre chinois Tan Luan.


Encyclie : Terme de physique désignant les cercles créés à la surface d'un liquide touché par un objet( les "ronds dans l'eau")


samedi 21 avril 2018

Jōdo Shinshū : Règle de la branche Honganji




Voici la reproduction du pdf du même titre traduit et annoté par le révérend jérome Ducor.
J'y ai juste rajouté ici quelques photos. Bonne lecture ! 



Règle de la branche Honganji du Jōdo Shinshū 

1
Jôdo-Shinshû Honganji-ha Shûsei

淨土眞宗本願寺派宗制




Table
    Chapitre I: La doctrine (
kyôgi 教義)
    Chapitre II: Le Vénéré principal (
honzon 本尊)
    Chapitre III: Les Saintes Écritures (
shôgyô 聖教)
    Chapitre IV: La coutume de l'École (
shûfû 宗風)





[Préambule]






[a. Fondation doctrinale]

     Le Fondateur de l'École (shûso 宗祖), Sa Sainteté Shinran le Grand Maître Kenshin2, en composant l'Anthologie exposant l'enseignement, la pratique et la réalisation véritables de la Terre Pure, recueillit les commentaires des Sept Religieux Éminents (shichi kôsô 七高僧) - Nagârjuna, Vasubandhu, Tanluan, Daochuo, Shandao, Genshin et Genkû - et il révéla le sens originel du Sûtra de Vie-Infinie prêché par le Buddha: il mit en lumière que la doctrine véritable, c'est la foi pour vraie cause (shinjin shôin 信心正因) et la prononciation du nom 

comme expression de reconnaissance (shômyô hôon稱名報恩).Telle est
la fondation doctrinale (rikkyô kaishû 立教開宗de 
l'École véritable de la Terre Pure (Jôdo-Shinshû 淨土眞宗).



[b. Le temple principal et ses origines]
     Après l'extinction de Sa Sainteté, Kakushin, sa fille cadette, et Nyoshin, petit-fils de Sa Sainteté3, en concertation avec les disciples posthumes de Sa Sainteté dispersés dans toutes les directions, établirent en la 9e année de l'ère Bun'ei [1272] une chapelle aux côtés du tombeau de Sa Sainteté, à Higashiyama-Ôtani, et ils y installèrent l'image de Sa Sainteté. Telle est l'origine du Honganji 本願寺 («Temple du vœu primordial»). Dès lors, le Honganji devint le centre de l'adhésion des adeptes des provinces, jusqu'à en être respecté comme le temple principal (honzan 本山) de l'École.


[c. La transmission]
     La transmission du flambeau (dentô 傳燈) de cette École s'est faite par succession continue, à partir de la lignée par le sang de Sa Sainteté le Fondateur, avec Nyoshin comme deuxième génération. Pour diverses raisons, le Honganji déménagea ensuite en plusieurs endroits du Kinki et du Hokuriku; mais, en la 19e année de l'ère Tenshô [1591], Toyotomi Hideyoshi offrit le terrain de Rokujô à Kyôto, et le temple

y fut définitivement établi dans sa situation actuelle.



Chapitre I. La doctrine


L'essentiel de la doctrine du Jôdo-Shinshû consiste en quatre éléments (shihô 四法): l'enseignement (kyô ), la pratique (gyô ), la foi (shin ) et la réalisation (shô ), qui sont exposés dans l'Anthologie exposant l'enseignement, la pratique et la réalisation véritables de la Terre Pure. L'enseignement, c'est le Sûtra de Vie-Infinie prêché par le Buddha; la pratique, c'est «Namo Amida Butsu» 南無阿彌陀佛; la foi, c'est le cœur de foi (shinjin 信心); la réalisation, c'est l'extinction libératrice (metsudo 滅度): à partir de la foi née de l'audition du nom (myôgô名號)  «Namo Amida Butsu» exposé dans le Sûtra de Vie-Infinie prêché par le Buddha, qui constitue l'enseignement véritable, on réalise le fruit de buddha qu'est l'extinction libératrice en allant naître (ôjô 往生) dans la Terre Pure
(
jôdo 淨土).

Comme la foi intègre le nom doté du vœu et de la pratique (
gan-gyô 願行), la vraie cause de la naissance dans la Terre Pure est parfaite par cette foi seule. Là-dessus succède seulement le nembutsu qui ne fait que commémorer l'immense bienveillance du Buddha. Voilà ce qui est appelé la foi pour vraie cause et la prononciation du nom comme expression de reconnaissance. Tel est l’enseignement véritable qu'expose la doctrine en quatre éléments. Parce que ces quatre éléments constituent la phase où les êtres vont naître dans la Terre Pure, ils sont appelés phase de l'aller (ôsô 往相). Puisqu'en naissant dans la Terre Pure les êtres accomplissent le fruit de buddha (bukka佛果),  la grande compassion surgit par le fait même, et ils retournent dans le monde des naissances et des morts pour délivrer ceux qui en ont les affinités; cela est appelé phase du retour (gensô 還相). Cette phase de l'aller et cette phase du retour sont toutes deux les bienfaits
transférés par le pouvoir du Buddha (butsuriki ekô 佛力 廻向): c'est le secours du Pouvoir Autre (tariki 他力).

Au premier instant (
ichinen 一念) où ils l'entendent avec foi (monshin 聞 信), les êtres intègrent [les mérites du] nom (myôgô 名號) et ils sont embrassés par la lumière (kômyô 光明) [du Buddha]. En cette vie-ci, ils demeurent dans le groupe des fixés dans le vrai (shôjô-ju 正定聚): prudents en paroles et en action, ils observent l'éthique; et dans la vie prochaine, ils réalisent le fruit de Buddha. Telle est la grande voie du Véhicule Unique du Buddha permettant que tous les êtres se détournent de l'illusion et réalisent l'éveil.





Namo Amida Butsu, e nom du Bouddha Amitabha
Namo Amida Butsu
calligraphié par Rennyo Shônin (8eme patriarche
de la Branche Honganji de la Jodoshinshu)


Chapitre II. Le Vénéré principal




Le Vénéré principal du Jôdo-Shinshû est un seul buddha: le TathâgataAmida (Amida Nyorai 阿彌陀如来)4. Pour rendre hommage à la bienveillance de ceux qui ont diffusé l'enseignement, on installe les images du Prince impérial Shôtoku5, des Sept Religieux Éminents, du Fondateur et des Patriarches successifs.




Le Bouddha Amida, Le Bouddha Amitabha
Statue d'origine japonaise (du XIIIème siè. si ma mémoire esst bonne)
 représentant le Buddha Amida.
Les mains en sesshu fusha in sceau de l'embrassement indefectible.
Photo prise dans la salle du panthéon bouddhique du
Musée Guimet à Paris.


Chapitre III. Les Saintes Écritures


Les Saintes Écritures de référence principale (shôe no shôgyô 正依の聖教) du Jôdo-Shinshû sont les suivantes:

     1. Le
Sûtra de la Trilogie de la Terre Pure(Jôdo-sambukyô 淨土三部經) :

Sûtra de Vie-Infinie prêché par le Buddha (chin. Foshuo Wuliangshou-jing, jap. Bussetsu Muryôju-kyô 佛 説 無 量 壽 經 ), traduction de SaÕghavarman-le-Sogdien [aussi dit “Grand Sûtra” (Daikyô 大經)];

Sûtra des Contemplations de Vie-Infinie prêché par le Buddha (Foshuo Guan-Wuliangshou-jing, Bussetsu Kan-Muryôju-kyô 佛 説 觀 無 量 壽 經 ),
traduction de Kâlayaóas [aussi dit “Sûtra des contemplations” (Kangyô
)];

Sûtra d'Amida prêché par le Buddha (Foshuo Amituo-jing, Bussetsu Amida-kyô 佛説阿彌陀經), traduction de Kumârajîva [aussi dit “Petit Sûtra” (Shôkyô 小經)].

     2. Les traités et commentaires des Sept Religieux Éminents 
6

Nagârjuna: Traité sur l'analyse des dix terres (Shizhu-piposha-lun,Jûjû-bibasha-ron 十住毘婆沙論), traduction de Kumârajîva;

Vasubandhu:
Traité sur la Terre Pure (Jingtu-lun, Jôdo-ron 淨 土 論 ), traduction de Bodhiruci;

Tanluan:
Commentaire au «Traité sur la naissance dans la Terre Pure» [de Vasubandhu] (Wangsheng-lunzhu, Ôjô-ronchû 往生論註);

Tanluan:
Poème louant le Buddha Amida (Zan Amituo Fo jie, San Amida Butsu ge 讃阿彌陀佛偈);

Daochuo:
Recueil de Bonheur Paisible (Anle-ji, Anraku-shû 安樂集);

Shandao:
Commentaire au «Sûtra des Contemplations» (Guanjing-shu,Kangyô-sho 觀經疏);

Shandao:
Hymnes de liturgie (Fashi-zan, Hôji-san 法事讃);

Shandao:
Méthode de contemplation (Guannien-famen, Kannen-bômon 觀念法門);

Shandao:
Hymnes de vénération de la naissance dans la Terre Pure(Wangsheng-lizan, Ôjô-raisan 往生禮讃);

Shandao:
Hymnes du face-à-face (Banzhou-zan, Hanju-san 般舟讃);

Genshin:
Somme de la naissance dans la Terre Pure (Ôjô-yôshû 往生要集); 
 
Genkû: Recueil sur la sélection (Senjaku-shû 選擇集)7.


     3. Les œuvres du Fondateur


Anthologie exposant l'enseignement, la pratique et la réalisation véritables de la Terre Pure (Ken Jôdo shinjitsu kyôgyôshô monrui顯淨土教行證文類) [abr. Kyôgyôshinshô 教行信證];


Notes anthologiques de la Terre Pure (Jôdo monrui jushô 淨土文類聚鈔);


Notes de Tondu-l’imbécile (Gutoku-shô 愚禿鈔);


Poème des deux portes d'entrée et de sortie (Nyû-shutsu nimon ge入出二門偈);


Hymnes de la Terre Pure (Jôdo Wasan 淨土和讃);


Hymnes des Religieux Éminents (Kôsô Wasan 高僧和讃);


Hymnes de la Loi correcte, copiée et décadente (Shôzômatsu Wasan 正像末和讃);


Anthologie sur la naissance dans la Terre Pure selon les Trois Sûtra (Sangyô ôjô monrui 三經往生文類);


Dédicaces des vénérables noms et portraits authentiques (Songô shinzô meimon 尊號眞像銘文);


Passages attestant le nembutsu unique et le nembutsu multiple(Ichinen-tannen shômon 一念多念證文);


Sens des citations des «Notes sur la foi seule» (Yuishinshô mon'i 唯信鈔文意);


Lettres, autres ouvrages et documents.


Le
Recueil des Lettres (Gobun-shô 御文章) [de Rennyo], les autresœuvres des patriarches successifs8 ainsi que les Saintes Écritures vénérées par le Fondateur et les patriarches successifs9 sont assimilées aux œuvres du
Fondateur.



Le Grand Soutra de Vie-Infinie, Grand Véhicule
Grand Sukhâvatî-vyûha-sûtra
ms. népalais "Kôjukai C" (Univ. Ryukoku)
Source : www.Pitaka.ch




Chapitre IV: La coutume de l'École


    Cette École (shûmon 宗門) est une confrérie religieuse (dôbô kyôdan 同明 教団) de gens qui demeurent dans la foi dont la saveur est unique. Les gens qui composent cette École diffèrent chacun dans leurs fonctions comme clercs (sôryô 僧侶) ou comme adeptes (monto 門徒), mais ils ont en commun la même foi qui se délecte de la saveur de la Loi et la même pratique de reconnaissance envers le Buddha. Les temples (jiin 寺院) sont des lieux de la voie (dôjô 道場) pour la pratique personnelle (jigyô 自行) et l'édification d'autrui (keta 化他). C'est pourquoi, les clercs s'appliquent exclusivement à la réalisation et à l'amélioration de cette fonction, tandis que les adeptes ont toujours plus à cœur leur maintien et leur développement, les uns et les autres devants'appliquer avec diligence à la diffusion de la Loi correcte.Les gens de cette École se doivent de construire une vie authentique pour le monde et pour les hommes, en se fondant constamment sur la cordialité de la reconnaissance et de la gratitude, en se conduisant avec humanité, et en observant la loi séculière.Ayant d'ores et déjà rencontré la Loi correcte, et leur foi étant dans le vœu du Buddha, les gens de cette École discernent profondément le principe de la causalité et ne cherchent pas le bonheur en ce monde au moyen d'incantations ou de prières.



Temple mère de la Jodo Shinshu
le Nishi Honganji : Temple du Voeu Primordial.
Temple mère de la Jôdo Shinshu Honganji-ha
(la plus grande branche de cette école numériquement parlant ).

































___________________

1 Traduction provisoire par Jérôme Ducor sur le texte du Recueil des règlements
fondamentaux de l'École
(Shûmon kihon hôki shû) publié par le Jôdo-Shinshû Honganji-ha
en 2001. Promulguée le 11 septembre 1946, cette
Règle est entrée en vigueur le 1er avril 1947.


2 Ou «Grand Maître qui voit la vérité» (Kenshin Daishi見眞大師): titre posthume
octroyé à Shinran par l'empereur Meiji en 1876.


3 Kakushin-ni覚 信 尼 (1224-1283 env.) était la tante paternelle de Nyoshin 如 信(1235-1300).


4Le Vénéré principal est la représentation du Buddha placée au centre du sanctuaire des
temples, tandis que les images des maîtres sont installées sur les autels latéraux et dans les
bas-côtés.


5 Shôtoku Taishi聖徳太子 (574-622) est considéré comme le patron du bouddhisme
japonais, et Shinran lui témoigne d'une dévotion toute particulière dans ses écrits.


6 Les Indiens Nâgârjuna (IIe s.) et Vasubandhu (IVe s.), les Chinois Tanluan 曇鸞(476-542), Daochuo 道綽 (562-645) et Shandao 善導 (613-681), les Japonais Genshin 源信(942-1017) et Hônen 法然 (ou Genkû 源空, 1133-1212).

7 Titre complet: Recueil sur le nembutsu sélectionné par le vœu primordial (Senjaku
hongan nembutsu shû
選擇本願念佛集).


8 Liste des œuvres des successeurs de Shinran sur l'Internet: www.pitaka.ch/canon4.htm.


9 C'est-à-dire: les sûtra et les œuvres des maîtres qui, sans figurer parmi les Écritures de
référence principale énumérées ci-dessus, ont été cités dans les œuvres de Shinran et de ses
successeurs.



 

vendredi 7 mars 2014

pensées

Malgré les vents violents de mes désirs
Et la fragilité de ce corps
Je réside au creux de sa main,
Ses sept doigts fleurissants tour à tour
Me rappellent sa présence et son indéfectible bonté :
Na-mo-A-mi-da Bu-tsu


















































Mon envie de revenir au mots sacrés
Et ne jamais se sentir rassasié
Par ses lettres étonnement fraîches
Est je vous l'assure
Le travail mystérieux du Buddha
















































Quand le soleil fait s'épanouir
Les bourgeons des arbres,
Il ne choisi pas de faire fleurir les premiers
Au détriment des seconds.
De même,
Ceux qui ont reçu la foi de 'Mida
Ne sont point des "élus"
Bien qu'ils réaliseront sous peu leur bouddhéité.
















































Comme un enfant découvrant la pluie pour la première fois
Ma joie est immense
et je pousse un cri de joie :
Merci Amida ! Namo Amida Butsu !
Ah ! Le premier instant de foi.



















































Mais par l'aspiration à la naissance en Sukhavati
Nous naîtrons doté de la Bonté et de la Sagesse Pure
Et pourront en faire profiter les êtres
En accord avec leur souhait.
















































Quelques arbres, dans la brume..
Pourquoi paraissent-ils si peu distinct
D'autres arbres, dans la brume..
Tu le sais ne sont pas visibles,
De même le Buddha Amida existe
Même si tu ne le vois pas.



















































vincent

dimanche 10 novembre 2013

Réunion de décembre de la Jôdo-Shinshû Paris


La sangha Jôdo-shinshû de Paris 


vous convie à sa 
Réunion mensuel 

qui se tiendra


Samedi 21 Décembre 2013 à Paris 
à 18h15 




au
Centre d'Informations et de Documentation pour l'Etude du Bouddhisme 
(CIDEB)



avec la présence du Révérend Jérôme Ducor 


entrée libre


Une discussion et une cérémonie (ici le Shoshinge) sont au programme. Vous pouvez venir sans appréhension, toutes les questions sont les bienvenues et cette réunion ne vous engagera à rien envers notre école.



Informations sur le CIDEB :  ICI
• Concernant jérôme Ducor : http://www.pitaka.ch/
Pour toute information vous pouvez appeler le : 
06 50 29 89 77 (Mon numéro)




mercredi 6 novembre 2013

'Le Buddha Amida' par Fujiwara ryosetsu (Suite de 'Un modèle de la foi Jôdo-Shinshû')


Le Saint Nom en Six caractères : Na.mo. A.mi.da. Butsu 
calligraphié par Rennyo (8e patriarche de la Jôdo Shinshû)




Un modèle de la Foi du Jôdo-Shinshû par le révérend Fujiwara ryosetsu.(Gasshô) Suite.



II. Le Buddha Amida




1. Dans le Shinshū, quel est l'objet de la foi ?
- Les disciples du Shinshū ont une foi absolue dans le seul Buddha Amida. Cependant, ils révèrent et respectent également tous les autres Buddha, parce qu'ils font tous un avec le Buddha Amida.


2. Quelle sorte de buddha est Amida ?
-  Philologiquement,  le  nom  Amida 阿弥陀 est  la  transcription sino-japonaise  du  sanscrit  Amita,  qui  signifie «  infini  ».  En sanscrit,  Amita est combiné avec ābha, signifiant « lumière », etavec  āyus, signifiant « vie ». De sorte que nous avons les noms Amitābha et  Amitāyus, signifiant   respectivement  « Lumière-Infinie » et  « Vie-Infinie ». Ces noms révèlent qu'Amida est le Buddha à la lumière et à la vie infinies.


3. Que signifie « buddha»?
-  Buddha(butsu ) signifie « éveillé » ou « celui qui a atteint le parfait éveil ».


4. Le Buddha Amida est-il le créateur du monde, ou un souverain, ou encore un juge ?
- Le  bouddhisme  rejette  de  telles  conceptions.  Il  enseigne  les théories du karma(gō), de l'impermanence (anitya,  mujō),de  l'absence  d'ego  (anātman,  muga ),  de  l'interdépendance (hetupratyaya,  innen ), etc.; il explique aussi l'origine et les changements affectant toutes les existences. Pour  des  gens  non  avertis,  le  Buddha  Amida  peut  sembler  un créateur ou un souverain du monde; mais, en fait, il ne l'est pas du tout. Il a compris la réalité universelle et, dans le Shinshū, il est considéré  comme  une  manifestation  de  la  nature  de  la  Loi (dharmatā,  hosshō) elle-même. Il est pourvu de la sagesse et de la compassion parfaites et ne distribue donc aucune punition, même à ceux qui ne suivent pas son enseignement immédiatement. Pourvu  de  la  compassion  absolue,  il  s'efforce  infatigablement d'amener ces derniers à prendre graduellement conscience de son vœu universel ainsi que de la nature réelle du Dharma.



5. Combien de Buddha existent-ils ?
-  Les  sūtra  affirment  que  le  nombre  des  Buddha  dans  les  trois temps - passé, présent et futur - est infini, dépassant en nombre les grains  de  sable  du  fleuve  Gange.  Le  bouddhisme  enseigne  que tous les êtres possèdent la potentialité de devenirun buddha. Par conséquent, il est naturel que d'innombrables buddha viennent à exister.


6. Quelle est la nature du Buddha Amida ?
- Pour répondre à cette question, nous devons d'abord comprendre les « trois corps » (trikāya,  sanshin) d'un buddha.        Les trois corps  sont  :  le  corps  de  la  Loi  (dharmakāya,  hosshin),  le corps  de  rétribution (saṃbhogakāya,  hōjin)  et  le  corps  de transformation  (nirmāṇakāya,  keshin).  (On  parle  parfois aussi de « quatre corps », auquel cas le corps d'adaptation - ōjin - est dérivé du corps de transformation.)
   Le  corps  de  transformation est  représenté  par  le  Buddha Śākyamuni, en tant que buddha historique apparu dans  le monde sous une forme physique. 
   Le corps de rétribution, c'est un buddha en tant qu'il a atteint le résultat de l'éveil par le parfait accomplissement de ses vœux et de sa pratique. Le Buddha Amida est un corps de rétribution : ayant établi  quarante-huit  vœux,  il  a  atteint  l'état  de  buddha  en  les amenant à leur terme grâce à sa pratique.


7. Quelle est la nature du corps de la Loi ?
Le corps de la Loi, c'est la vérité ultime elle-même; elle se révèle dans et à travers le corps de rétribution, tout en se manifestant sur le plan historique comme le corps de transformation.


8. Cet aspect de la bouddhéité a-t-il d'autres noms ?
- Le corps de la Loi est identique avec ce que l'on dénomme « ainsité » (tathatā), « ainsité unique » (ichinyo), « nature de la Loi » (dharmatā, hosshō), « nirvāṇa», etc. Cet aspect a été également exprimé comme « le corps de la Loi en tant que nature de la Loi » par Tanluan, lorsque celui-ci expose le« double corps de la Loi » (nishu-hosshin )14


9 Pourquoi le corps de la Loi lui-même n'est-il pas directement vénéré dans le Shinshū?
Le corps de la Loi transcende absolument l'espace et le temps. Il ne peut être appréhendé par les sens de l'homme; il se situe au-delà des conceptions, des mots et de l'intelligence humaine. Cependant, le  sentiment  religieux nécessite  quelque  chose  qui  soit humainement plus proche, quelque chose de plus concret. Et cette manifestation concrète est le  corps de rétribution, connu dans le Shinshū comme le Buddha Amida.


10. Qu'est-ce que le « double corps de la Loi»?
- C'est une autre analyse de l'état de buddha, qui a été exposée par Tanluan. Le double corps de la Loi est constitué du« corps de la Loi en tant que nature de la Loi » (hosshō-hosshin) et du « corps de la Loi en moyens adaptés » (hōben-hosshin). Tanluan explique que tous les buddha et bodhisattva possèdent ces deux aspects et que ceux-ci sont nécessaires à la délivrance des êtres.


11Quelle est la relation entre le double corps de la Loi et les trois corps ?
- Le  corps de la Loi en tant que nature de la Loi est identique au corps de la Loi (dharmakāya), tandis que le  corps de la Loi en moyens  adaptés correspond  au  corps  de  rétribution (saṃbhogakāya).


12Quelle est donc la différence entre le corps de rétribution et le corps de la Loi en moyens adaptés ?
- En  essence,  il  n'y  a  aucune  différence.  Cependant,  ces deux termes se réfèrent à deux aspects différents du Buddha Amida. Ainsi, par exemple, le corps de rétribution se réfère au processus à travers  lequel le bodhisattva Dharmākara  («  Trésor-de-la-Loi », Hōzō ) est devenu le Buddha Amida en rétribution tant de son vœu  que  de  sa pratique,  qui  amena  ce  vœu  à  son parfait accomplissement.
Tandis que le corps de la Loi15 en moyens adapté s'exprime dans un nom  et  une  forme  cette  réalité  que  le  Buddha Amida  est  une manifestation  de  la  nature  de  la  Loi, laquelle  est  sans  forme, invisible et transcendante. Cette manifestation de  l'ainsité unique est  également  dénommée «  celui  qui  est  venu  de  l'ainsité  » (tathāgata,  nyorai).  Le Buddha  en  ce  stade  manifeste  ses caractéristiques excellentes  et  se  révèle  lui-même  à  travers  son nom : « Namo Amida Butsu»南無阿弥陀佛 . Il a aussi réalisé tous ses vœux à travers sa pratique. Or, tant ses vœux que sa réalisation prennent  place  dans  le  cadre  de  la  loi  de cause  à  effet16 :  il  correspond donc au corps de rétribution
Par conséquent, malgré des différences superficielles, le corps de rétribution et le corps de la Loi en moyens adaptés doivent être considérés comme étant essentiellement identiques.



13. Où réside le Buddha sous cet aspect ?
- Le Grand Sūtra enseigne que le Buddha Amida a établi sa Terre pure  à  l'ouest,  au  profit  de  tous  les  êtres  souffrants,  et  c'est  là qu'Amida lui-même réside17.


14.  Comment  les  êtres  ordinaires  comme  nous  peuvent-ilspercevoir l'existence du Buddha Amida ? 
- Voilà une question vitale sur le plan religieux.  Plusieurs sages affirment qu'un saint très doué et diligent peut percevoir le Buddha Amida  à  travers  les  pratiques méditatives.  Cependant,  Shinran réalisa que cela est impossible pour le commun des  mortels, dont  les  vues sont obscurcies  par  les  passions  humaines. C'est  pour cette raison que les grands maîtres de l'enseignement de la Terre 
pure ont mis en évidence le saint nom du Buddha Amida, soit « Namo Amida Butsu», qui incorpore les mérites infinis d'Amida. C'est seulement à travers ce nom que le commun des mortels, avec leurs  corruptions  et  leur  ignorance,  en arrive  à  réaliser  la compassion d'Amida  et à devenir solidaire  avec lui18.Et  c'est à travers  la  compassion d'Amida  que  le  commun  des  mortels  se trouve pourvu de sa vie et de sa lumière infinies. 


__________________

14  
V.  son  Commentaire  au  Traité  sur  la  Terre  pure (vol.  2;  Inagaki, 
p. 264-265).


15   « Manifestation »,  ou  mieux :  « personnification ».  Car  la  conjonction 
d'un nom (nāma) et d'une forme (rūpa) constitue la définition bouddhique 
classique d'une « personne » (nāmarūpa). Pour Shinran, la forme du Buddha 
Amida  est  la  lumière  infinie  de  sa  sagesse  illimitée.  V.  Ducor,  Shinran, 
p. 110.

16  
Cf. plus bas : V-9.

17  Son nom est  Bonheur-suprême  (Gokuraku  極樂), ou  La Bienheureuse
(Sukhāvatī); v. aussi le Sūtra d’Amida(§ 2). La direction de l’ouest n'est pas 
restrictive  :  le  Commentaire de  Shandao  (vol.  3)  explique  que  les  sūtra  « 
indiquent une direction et établissent des marques  » (shihōrissō ) 
parce  que  les  êtres  seraient  incapables  de  fixer  leur  attention  sur  une 
description abstraite du  Buddha Amida sous l’aspectde l'ultime réalité du 
corps de la Loi (Ducor, Terre pure, Zen et autorité, p. 90, 95). 

18 
Les maîtres postérieurs à Shinran rendent cette notion par l'expression « 
solidarité du Buddha et des êtres ordinaires » (butsu-bon ittai).

***

Les autres parties : 
1-  Notions préliminaires

3- la fonction du nom 
4- la relation entre le nom et le vœu  
5- La nature de la Foi
6- La signification du Nembutsu