mercredi 23 janvier 2013

Allons-y gaiement !


La Foi ne survient pas
De l’intérieur de soi;
   Le cœur de foi est lui-même
   Donné par le Pouvoir-Autre
                                                              Rennyo shônin (1415-1499)


Ce billet remplace celui que j'ai posté à la fin 2012 intittulé "la véritable cause de la naissance..."


Parmi les 48 Vœux spéciaux que fit le bodhisattva Dharmakara certains furent sélectionnés pour pouvoir donner aux êtres une méthode pour aller naître dans ce qui deviendrait sa Terre Pure.
Ils sont au nombre de trois : Le 18ème vœu, le 19ème et le 20ème.


Le 19ème vœu dit que ceux qui "cultivent les mérites" en d'autres termes ceux qui s'en remettent à diverses pratiques tels la méditation ou le stricte respect des préceptes bouddhiques, verront arriver devant eux le buddha Amida à la fin de leur vie. 

Le 20ème vœu lui, parle de "planter la racine des mérites" qui est la pratique unique et personnelle du nembutsu, "Namo Amida Butsu", afin là également d'aller naître en Terre Bonheur-Suprême.

Le 18ème est celui qui nous intéresse tout particulièrement. C'est celui-ci qu'ont retenu les maitres de notre tradition et nous en verrons la raison plus loin. Il est ainsi présenté dans le Grand Sûtra de Vie-Infinie prêché par le Buddha Shakyamuni




« Si je deviens buddha et que les êtres des dix directions qui, d’un cœur sincère et d’une foi réjouiedésirent naître en mon royaume, ne serait-ce qu’en dix commémorations, ni naissaient pas, je ne prendrai pas le parfait éveil. Exception faite seulement de (ceux qui commettraient) les cinq perversions et la calomnie de la loi correcte. »




Voyons ce vœu dans les détails : 

Concernant les cœurs : 
Le cœur sincère
la foi réjouie,
ainsi que le désire de naître en Terre Pure sont ce que l'on nomme les trois cœurs. Shinran, suivant la logique du maitre Indien Vasubandhu, dira que ces trois cœurs sont tous inclus dans le second, c'est-à-dire la foi réjouie, que nous retrouvons plus tard dans ce Sûtra sous le terme de cœur de foi (Jap.Shinjin; Sansk: Prasanna citta).


Concernant les dix commémorations
"...Dire le nom est en soit-même la commémoration; la commémoration est nembutsu; le nembutsu est Namu Amida Butsu." écrira Shinran.
Notons que pour lui le nombre de nembutsu n'a pas d'importance. En effet il notera que dans la phrase "ne serait-ce que en dix commémorations" le terme "ne serait-ce que" " écrit-il "peut inclure les deux, une seule et plusieurs prononciations."* 

En ce qui concerne l'exception :
Pour Shinran et les maitres qui l'ont précédé il ne fait aucun doute que cette exception a été citer par le Buddha car ce vœu est si fabuleux et vaste, n'étant pas réservé a ceux qui peuvent suivre une discipline stricte que ceux qui reçoivent cette foi risquent de se laisser à n'importe quel comportement et peut-être au pire : les cinq perversions**et le calomnie de la loi correcte ou calomnier l'enseignement du Buddha. Cet exception est une mise en garde, un garde fou. Cependant même ceux qui commettent ces méfaits iront naître en sa Terre Pure, muni de la foi du Buddha.

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" Ainsi, qu'il s'agisse de la pratique ou du cœur de foi il n'y a rien qui n'est pas été réalisé à travers le transfert des mérites d'Amida aux êtres hors de l'esprit du vœu pure. Ce n'est pas qu'il n'y a pas de cause ou qu'il y a quelque autre cause. Laisse ceci être sue.


En effet cette foi n'est pas notre mais provient du Buddha qui nous en transfert les mérites par sa sagesse. Cette foi est la foi dite du Pouvoir-Autre, c'est à dire la foi du Pouvoir du Vœu du Buddha Amida résultant de sa propre pratique avant qu'il ne devienne un buddha.

Ce n'est donc pas une foi éveillée par le "pratiquant", par ses propres calculs, ses pensées ou par ses pratiques quelles qu'elles soient. Même pas par une prononciation volontariste du nom du Buddha : Namo Amida Butsu, car cela en reviendrait à planter la racine des mérites(20ème vœu), et donc à compter sur ses propres forces pour pouvoir aller naître en Terre Pure. 
Il nous semble important de se demander si nous sommes capable de nous éveiller pleinement par nous même, par une pratique ou une discipline rigoureuse. Sinon il y a un autre choix: celui d'accepter la main tendu par un être déjà pleinement réalisé tel que le buddha Vie-Infinie (Amida).***

Juste un mot tout de même sur "ne pas compter sur ses propres forces". Ici nous parlons bien de l'éveil et du moyen pour y accéder. Il 'a jamais été question chez les enseignants de cette lignée de l'appliquer dans les autres domaines de la vie. Je veux dire par là qu'il est utile de compter sur ses propre forces dans notre vie au quotidien: pour réussir un examen ou un concours, chercher un emploi ou combattre une maladie par exemple. Il n'y a pas de doutes là dessus et les fidèles de la Jôdo shinshû ne sont en rien moins volontaristes que les autres pour mener une vie "normale".





親鸞聖人
Inscription en haut à gauche "Shinran shônin" (litt. "le saint homme Shinran")



Outre le fait que nous vivons dans une période ou l'enseignement du Buddha décline (voir dans ici dans le premier commentaire) pour bien comprendre ce qui fait du dix-huitième vœu la pierre angulaire de l'enseignement de la Terre Pure, il est utile de se pencher sur un Sûtra: Le grand Sûtra de Vie-Infinie prêché par Shakyamuni:

Dans le second fascicule(section XXI) nous est décrit une scène où le buddha Shakyamuni montre le buddha Amida et sa terre pure à Ananda, son disciple le plus proche. Dans la section qui suit, le buddha s'adresse de nouveau à dernier(en présence également de Maitreya, le futur buddha) et lui demande si il a bien vu ce buddha Vie-Infinie, ce à quoi celui-ci lui répond par l'affirmative. Nous apprenons alors que deux types de naissances ont lieu là-bas: les naissances par transformation et d'autres dans une matrice. C'est pourquoi le futur buddha Maitreya demande au Buddha Shakyamuni (section XXIII):


   " Honoré du monde ! C'est en vertu de quelle cause, en vertu de quelle condition, que les êtres de ce pays y renaissent dans la matrice ou y renaissent par transformation? 

La réponse de l'éveillé Shakyamuni est : 


 " Si des êtres vivants , ont des doutes dans leur cœur et qu’ils cultivent leurs mérites dans le but de renaître en ce pays, s’ils mettent en doute toutes les sagesses, à savoir : la sagesse impérissable du Bouddha, la sagesse impensable, la sagesse indicible, la vaste sagesse du grand Véhicule, la sagesse inégalable, incomparable, suprême et excellente, si en outre, faisant confiance à la notion de bien et de mal, ils cultivent des racines de biens dans le but de renaître en ce pays, tous ces êtres vivants renaîtront dans ce palais et y passeront cinq cent ans sans voir le Bouddha ni entendre l’enseignement des soutras, sans voir la foule des bodhisattvas ni celle des Saints Disciples. C’est à cause de cela que, en ce monde, on parle de renaissance dans la matrice. 
Si, au contraire, des êtres vivants ont une foi pure dans la sagesse du Buddha et dans toutes les autres jusqu'à la sagesse excellente, en vertu du transfert en eux de la foi profonde pleine de mérites, tous ces êtres vivants iront tout naturellement renaître par transformation dans une fleur de sept joyaux et s'y trouveront assis, les jambes croisées."

"..si en outre, faisant confiance à la notion de bien et de mal, ils cultivent des racines de biens dans le but de renaître en ce pays.." correspond bien au 19ème vœu. 

".. ont des doutes dans leur cœur et qu’ils cultivent leurs mérites dans le but de renaître en ce pays.." correspond bien au 20ème.

et vous avez j'en suis sur tout de suite identifié le 18ème vœu ici, le vœu de foi.


Le palais: C'est le palais de la matrice appelé également les confins de la Terre Pure. Les êtres qui ont des doutes naîtrons ici. Au bout de 500 ans la foi finira par éclore en eux et ils iront naître pleinement en Terre de rétribution c'est-à-dire la vrai terre pure: la Terre pure  Inconcevable du Buddha Amida dans toute sa splendeur et sa complétude. 
Elle est dite de rétribution car le buddha en a été rétribué en vertu des ses vœux et de ses pratiques. Et c'est là qu'iront naître directement les êtres doté de la grande foi. Cette naissance est une naissance dite de transformation, car les êtres y sont transformés en Buddhas.
Attention: Il ne faut pas voir le palais de la matrice comme un châtiment. En effet, premièrement un buddha ne châtie pas et de plus cette région de la terre pure est supérieur au royaume des hommes mais aussi à celui des dieux. 














"Celui qui à la chance d'entendre le nom de ce bouddha et se met à exulter de joie, n'en serait-ce qu'en une seule pensée, sache que cet être en retire un grand profit. Considère qu'il est rempli d'insurpassables mérites."

Le Buddha Shakyamuni s'adressant au futur Buddha Maitreya
Le Grand Sûtra de Vie-Infinie prêché par Shakyamuni






________________________



* Ailleurs Shinran écrira toujours à propos du "ne serait-ce que" que ce terme "nous montre clairement qu'il n'y a pas un nombre défini pour dire le nom".
De plus, sur le pourquoi des dix prononciations Shinran notera que c'est pour montrer que "le nom n'est pas limité à une seule prononciation".

** Les cinq perversions: Parricide, matricide, assassinat d'un saint, l'effusion intentionnelle du sang d'un buddha et le schisme de la communauté bouddhique.

*** A ceux qui diront qu'il vaut mieux compter sur ses propres forces, et qui de plus trouveront étrange de s'en remettre à une force extérieur, je pense qu'ils ne se considèrent pas comme bouddhistes, car si tel est le cas vous saisissez l'ironie et de leur positionnement.... :-) 
(vous ne voyez vraiment pas?>>> tapez "triple refuge" sur votre moteur de recherche) 
Je prends refuge dans la Sangha, 
Je prends refuge dans le Dharma,
Je prends refuge dans le (.......ça commence par un B..)

Mérites insurpassables : Ne plus reculer sur le chemin vers la bouddhéité totale et réaliser le Nirvana en terre pure une fois sa vie achevée.









mardi 15 janvier 2013

Shoshinge de Maître Shinran : les 10 premières strophes



Nous fêtons le 16 Janvier (dans la branche "Nishi*") la commémoration de l'entrée en terre pure de Maitre Shinran (1173-1263)il y a ceci 751 ans.Quoi de mieux pour l'occasion que de lire un de ses écrits, ou plutôt ici, un extrait traduit par le vénérable jean Eracle (11 décembre 1930 - 09 septembre 2005) dans son "Sur le vrai bouddhisme de la Terre Pure".



Hymne sur le nembutsu et la foi correcte



1. De l’Ouest, l’inconcevable honoré,
En son temps de formation était le bodhisattva Dharmakara.



2.  ll émit une promesse universelle, d’origine incomparable ;
Il prononça le vœu d’être insurpassable en la Grande Compassion.



3. Embrassant tout il médita durant 5 milliards d’années*:
Et reçu le fruit merveilleux de l’éveil  en rétribution de son vœu.



4. Sa promesse est accomplie depuis dix milliards d’années :
La durée de sa longévité, nul ne peut la mesurer.



5. Son amour compatissant est profond comme l’espace ;
Sa perfection de sagesse ressemble à l’océan.



 6. Son domaine est pur, merveilleux et sans limites :
Il est tout rempli d’ornements merveilleux.



7. Il est parfait en toutes sortes de qualités ;
Il surpasse dans les dix régions, toutes les terres de bouddha.



8. Partout se répand sa lumière inconcevable,
Propre à dissiper la nuit de l’ignorance.



9. Par l’éclat de sa lumière et de son savoir , il ouvre
l’œil de sagesse.
Son nom se fait entendre dans les dix régions.



10. Les qualités d’Amida, seul Shakyamuni les connait :
C’est pourquoi rassemblant ce Trésor de la Loi, il
en fit Don aux ignorants.


.   .   .



Portrait maître Shinran
Shinran shônin (1773-1263) à l'âge de 29 ans au Rokkaku-dô






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La branche "Nishi": Il s'agit de la Jôdo Shinshû honganji-ha, la branche la plus importante de la Jôdo Shinshû en nombre d'adhérents.La jôdo Shinshû comporte une dixaine de branches, se retrouvant toute dans le même enseignement et reconnaissent Shinran comme le fondateur mais sont administrativement et financièrement indépendantes. Elles ont toutes un abbé en chef différent, descendant de Shinran.
5 Milliards d'année : En toute vraisemblance le texte doit parler de 5 Kalpas. Ce terme désigne une période extrêmement longue. Certain y voit 1 milliards d'année, quand pour d'autres il s'agit de 4 milliard 200 millions d'années. De même pour la strophe qui suit (la "4.")

dimanche 13 janvier 2013

A la mémoire d'un maître du XXème siècle

par ruri satô




En ce 13 Janvier une pensée spéciale pour zuiken saizo Inagaki sensei (1885- 13 janvier 1981)
Un enseignant d'une grande qualité. Quelques poèmes de ce professeur:





La barrière de la mort, qu'est-ce que cela signifie pour vous ? 





Namo Amida Butsu est la vie du Tathâgata;

Cela à fait son chemin en moi et devenu ma vie
Mère et enfant partagent la même vie;
Ils respirent le même souffle - Namo Amida Butsu. 
 




La manière dont j'ai été pris dans la matrice du Tathâgata

Est visible en Namo Amida Butsu.



Le problème de la naissance est Terre Pure doit être résolu
à travers un dialogue entre Amida et moi-même.



La course du bateau est laissé à la voile,
le mouvement de la voile est laissé au vent;
Quant à moi, je laisse tout à Amida.



Le Buddha-Dharma est profond quand il semble superficiel
Ce n'est rien de spécial mais il offre tout.



Amida est devenu Namo Amida Butsu, l'éveillé;
Notre naissance est rendu possible par le pouvoir de sa vertu.






zuiken Inagaki sensei, Maître Bouddhiste
zuiken Inagaki (1885-1981)




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Tathâgata : Cela signifie: venu-de-l'ainsité. Un autre épithète pour un buddha
Dharma: l'enseignement du Buddha.
Vertue : Les qualités que le bodhisattva Dharmakara à reçu au regard de ses vœux et de sa pratique extrêmement longue, devenant ainsi le Buddha Amida. 


lundi 7 janvier 2013

Existe-t-elle ?






Juste pour vous faire part d'une citation que j'ai découvert il y a peu, et que j'affectionne. 
Elle est de Maitre Tan-Luan paraphrasant le Dazhidulun dit de la Terre Pure : 



Elle transcende l'existence [...]. "Elle transcende l'existence" signifie qu'elle transcende les trois existences [dans le triple monde du samsâra]; "et pourtant elle existe" désigne l'existence de la Terre Pure.

                                                                                                   Tan-Luan
                                                                                                   extrait de son commentaire              
                                                                                           
 
                                                                                           


Tiré de l'ouvrage Le Sutra des contemplations du Bouddha  de Vie-Infinie de jérôme Ducôr et helen Loveday.

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Note de jérôme Ducor accompagnant cette citation : 
Tanluan, Commentaire:T.40, p.830a/SSZ 1p.293 ( Corless, "T'an-Luan", p.139 et n.11; cf.Inagaki,T'an-Luan,p.157; Chappell, "Tao-ch'o", p.242,243;id.,"interprétations", p.36;Sharf,"On Pure Land Buddhism and Ch'an", p.317).Cf. Dazhidulun: T.25,1509, k.38,.340a. Tanluan cite d'abondance le Dazhidulun et les œuvres de Sengzhao (voir Corless, op.cit.,p.44 sq.)

Note personnelle : 
Le triple monde : Le monde du désir (le nôtre), le Monde de la forme et Le monde sans forme.Tous les trois appartenant au cycle des naissances et des morts (samsara).
Le Dazhidulun : Traité sur le grand Sûtra de la perfection de sagesse (trad.Ducor.), traduit par Kumarâjivâ.


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C'était assez court aujourd'hui mais laissez moi vous laisser l'adresse d'un nouveau blog Jôdo shins-shû. L'auteur s'appelle diane, et elle vit dans l'Oregon. Son blog est en anglais. Cliquez ci-dessous:                                

A Year in the Life of a Shin Buddhist ♥

Ce journal à vocation de s'enrichir quotidiennement par des réflections qu'elle se fait en tant que Bouddhiste Shin (Jôdo Shinshû)J'aime beaucoup ! (et vous l'aurez compris son blog est très différent du mien de par sa forme)


Bonne soirée ou bonne journée

vincent

mercredi 2 janvier 2013

Bonne année...avec maître Shan-Tao




Scène de prédication d'Amitayus en Sukhâvatî, sculpture sur pierre. Grotte 2, Nan Xiangtangshang (Hebei), Qi du nord (550-577). Copyright Freer Gallery of Art, Smithsonian Institute, Washington D.C.






Pour bien débuter l'année..  :)
.. voici UN extrait tirés du KyôGyôShinshô - Enseignement, Pratique,Foi et réalisation, l'œuvre majeure de Maitre Shinran (1173-1263) qui cite ici  Maitre Shan-Tao (613-681)




  • [ Dans la section d'introduction au commentaire ]


Le passage [du Sûtra des Contemplations] commençant avec "Je souhaite aller naitre dans [la Terre pure ] d'Amida" montre que la reine [Vaidehi] choisi spécialement la Terre où elle désire aller naître. Il s'agit de la Terre d'Amida. Chacun de ses quarante-huit vœux donne naissance à la cause suprême; à travers la cause la pratique excellente a été effectuée; à travers la pratique l'excellent résultat à été atteint; à travers le résultat l'excellente récompense à été accomplie; à travers la récompense la Terre de paix et de bonheur s'est manifestée; à travers la terre de paix l'activité salvatrice de compassion s'est révélée; à travers l'activité salvatrice de compassion la porte de Sagesse a été ouverte. L'esprit compatissant est intarissable, donc il est Sagesse. A travers la pratique conjointe de la compassion et de la sagesse, partout le nectar du Dharma à été mis a disposition. Ainsi la nourriture du Dharma profite universellement à la multitude des êtres. Beaucoup d'autres Sûtras nous encouragent à suivre ce Sûtra. Beaucoup de sages joignent leur cœur en nous exhortant à prendre cette voie. Pour cette raison, le Tathâgata a conduit secrètement la reine à choisir sa naissance dans la Terre d'Amida.


Enseignement, Pratique,Foi et réalisation - Chapitre V : Le Véritable Buddha et la Véritable Terre Pure , section 31. Collecté par Shinran.
                                                                        



                                                                                                                                                                                        
                                                                                                                             




lundi 24 décembre 2012

JOYEUX NOËL ! ! !




JOYEUX NOËL A TOUTES ET A TOUS ! ! ! : )





   Un article un peu particulier aujourd'hui.... pas de discours sur le dharma ( qui a dit "ouf !?")
Cela va faire un an que j'ai ouvert mon blog sur la jôdo Shinshû (et par la même occasion mon tout premier blog) et je tenais à remercier mes lecteurs réguliers tel kelly ringuet (ma fiancée) et roberte F. (ma mère), arnaud Pontacq (euh..non..pas de la famille ou plutôt pas au sens ou ou l'entend habituellement).Je remercie aussi tous les lecteurs occasionnels et tous les futurs lecteurs.

Mais mon blog ne se serait pas fait tout seul et je remercie Eiken Kobai sensei, un enseignant de qualité, ainsi que Zuio Inagaki sensei sans qui je ne pourrais citer les poème de maitre Rennyo.Sans parler de jérôme Ducor sensei (de Suisse) que je cite souvent ici et qui est un des rares enseignants en langue française mais au-delà de cela notons sa grande disponibilité et ses travaux toujours de grande qualité (voir également son dernier passage à Sagesses bouddhistes sur France 2). Je remercie également Lim Melvin (de Singapour) qui prends de son temps pour traduire les mots du grand enseignant Zuiken Inagaki sensei (père du premier) en anglais avec l'aide précieuse de george Gatenby sensei (d'Australie). La liste ne serait être complète si je ne citais pas certainement l'un des membres les plus actifs de la Sangha sur la toile, au moins en anglais, il s'agit de Jôshô adrian Cirlea (de Roumanie).On peut dire que son blog ma poussé à bloguer moi même. : ) 

Voilà, je voulais vous faire quelques "cadeaux" je mets entre "" parce que ceux-ci ne sont pas non plus introuvable sur le net. Cependant ce sont des formes artistiques touchant au Dharma que j'aime beaucoup.

Je vous promets pour l'année prochaine, de relire mes articles car nombreuses sont les fautes d'orthographe..hum.. Sinon j'ai essayé toute l'année d'être le plus simple possible dans ce que j'écris mais je sais que mon but n'est pas toujours atteint ou du moins que ceux qui lisent ce blog ne sont pas aussi à l'aise que je l'aimerais. Je m'efforcerai donc de faire au mieux et dès le début de l'année prochaine je publierai un glossaire.

Sur ce, Je vous souhaite un beau réveillons et de très belles fêtes de fin d'année, si possible entourés de vos proches et... et... celui qui boit ne conduis pas !! sans oublié de sortir couvert car le HIV n'appartient pas encore au passé malheureusement... à bientôt ! 


vincent







kômyô honzon conservé à l'université de Ryûkoku. De gauche à droite: Na.mu A.mi.da Butsu : Je m'en remets au Buddha Amida (le nom en 6 caractères) .  Na.mo Fu.ka.shi Gi.kô Nyo.rai : Je m'en remets au Venu-de-l'ainsité Lumière Inconcevable (le nom en 9 caractères) et Ki.myô Jin jip.pô Mu.ge kô Nyo.rai : Je m'en remets au Venu-de-l'ainsité Lumière Illimitée remplissant les dix directions (le nom en 10 caractères).








Statues de Buddha Shakyamuni et de Shinran shônin. Exposition à l'université Ryukoku, Kyôto.








Collection particulière de Bernard Frank.  Na.mu Fu.ka.shi Gi.kô Nyo.rai : Je m'en remets au Venu-de-l'ainsité Lumière Inconcevable (le nom en 9 caractères) à gauche:  Na.mu A.mi.da Butsu : Je m'en remets au Buddha Amida (le nom en 6 caractères) A droite: Ki.myô Jin jip.pô Mu.ge kô Nyo.rai : Je m'en remets au Venu-de-l'ainsité Lumière Illimitée remplissant les dix directions (le nom en 10 caractères). 








Mikaéri Amida. Amida regardant en arrière.Bien culturel Important du Japon. Temple : Zenrin-ji eikandô, Kyôto. Ecole Jôdo.Branche Seizan.








Peinture à l'Acrylic par Ruri Sato > Sa galerie (facebook)








Calligraphie de Saizo zuiken Inagaki sensei.(1885-1981). La Naissance (en Terre Pure) peut-être obtenu à travers le Pouvoir -du-Vœu d'Amitabha (Amida en Sanskrit).






La même phrase que précédente en japonais.Par zuiken sensei. Notez qu'il a rajouté son age en anglais.





































Namo Amida Butsu Namo Amida Butsu Namo Amida Buddha ! . . .







jeudi 8 novembre 2012

Shandao: Son rêve relaté par Maître Honen

Maître Honen recontrant Maître Shandao en rêves.



Si Maître Hônen(1133-1212) n'est pas le premier religieux japonais à se tourner vers l'enseignement de la Terre Pure, par ses écrit et plus tard par ses disciples il fut celui qui "démocratisa" l'enseignement de la Terre Pure du Buddha Amida. Enseignement laissé par le Buddha Shakyamuni au pic du Vautour en Inde.

Ce moine, qui jouissait d'une haute popularité à Kyôto,aussi bien parmi la noblesse que parmi les gens du peuple, rédigea en 1198 une œuvre pour le compte de son protecteur laic Kujo Kanezane (à la demande de ce dernier): le senchakû-shû hongan nembutsu-shû(le recueuil sur le nembutsu selectionné par le vœu primordial) ou Senchakû-shû. Ce fut l'occasion pour le vieux maitre non seulement d'exposer à nouveau la doctrine lui venant du Maître Shan-Tao(613-681) mais aussi d'exposer les fondement d'une école indépendante du nembutsu  et de réfuter, sûtras à l'appui, les critiques faites par les autres écoles bouddhiques à l'encontre de l'école exclusive de la récitation du nembutsu.

Affirmer sa singularité dans le paysage bouddhique nippon qui n'avais pas vu de changements institutionnels depuis des siècles était si original, que Hônen à la fin de son œuvre, fit une requête à kujo Kanezane en ces termes : 

"Je vous en supplie : Une fois que vous aurez daigné lire ce texte, cachez le derrière vos murs, sans le laisser à votre fenêtre, de crainte qu'il ne fasse tomber les calomniateurs de la Loi dans les mauvaises destinées!"

Ce texte fut ne fut transmis qu'a une partie restreinte de ses élèves. Six disciples sur les 190 plus proches du Maître.


Voici un court extrait que j'affectionne particulièrement tiré du Chapitre XVI du Senchakû-shû, traduitet annoté par jérôme Ducor dans Le Gué vers la Terre Pure

Notez bien: 
• 'Mida est la contraction de Amida, le Buddha Lumière infinie et Vie Infinie. Ce terme nous vient de maître Shandao.
• En gras, ce sont les passages de maître Shan-Tao cité par Honen, le reste est de maître Honen}



•         •         •



 ... au moment d'organiser le texte du Sûtra des contemplations qu'il commentait, Shandao reçut des signes sacrés et il bénéficia des instructions d'un saint [apparu en rêves]. C'est après avoir reçu l'aide sacrée de ce saint qu'il conçut la division de ce Sûtra.Il présenta donc son ouvrage au monde comme un "commentaire certifié", et les gens l'estiment effectivement comme un Sutra du Buddha.
   En effet la conclusion de son commentaire dit:

   "Je m'adresse respectueusement à tous les amis-de-bien doués d'affinités!
   Je ne suis qu'un être ordinaire du cycle des naissances et des morts, affublé d'une sagesse déficiente et superficielle! Comme l'enseignement du Buddha est profond et subtil, je n'osais pas produire une interprétation différente [des autres commentateurs]. Finalement, j'exprimai mon sentiment en formant un vœu qui sollicitait une vérification sacrée, ce que je fis en disant proprement dans mon cœur :

    Namo! Je prends refuge dans l'ensemble des trois Joyaux qui remplissent entièrement l'espace du plan de la Loi, dans le Buddha Shakyamuni, dans le Buddha Amida, dans Avalokitesvara et Mahâstamaprapta, dans la foule de l'océan des bodhisattva de cette terre pure ainsi que dans toutes les caractéristiques de ses ornements!
Je voudrais maintenant extraire l'essence du sutra des contemplations pour rectifier les anciens et les modernes*. Si cela correspond au souhait de la grande compassions des buddha des trois temps [passé, présent, futur] , du Buddha Sakyamuni et du Buddha Amida, puissé-je obtenir de voir en rêves toutes les caractéristiques de ce domaine évoquées plus haut !

Ayant formulé ce vœu devant une image du Buddha, je fis encore le vœu d'appliquer mon cœur à réciter le Sûtra d'Amida trois fois par jour et de commémorer trente mille fois le Buddha Amida.
   Le soir même, toutes les caractéristiques de ce domaine se manifestèrent entièrement dans le ciel, en direction de l'ouest. Des montagnes de joyaux aux couleurs variées, par centaines de milliers! Des rayons de toutes espèces qui tombaient en brillant sur le sol, lui-même semblable à de l'or ! Au milieu se trouvaient des Buddha et des bodhisattva, les uns assis, les autres debout; certains parlaient, d'autres étaient silencieux; les unes exerçaient leur dextérité, et les autres restaient immobiles. A cette vue je demeurai debout les mains jointes en contemplation, assez longtemps, jusqu’à ce que je m'éveille. Une fois réveillé, je ne pus maîtriser ma joie et j'organisai aussitôt l'économie [du Sutra des contemplations]**
   Dans mes rêves des soirs suivants, il y avait toujours un religieux pour me transmettre la division de mon chapitre du Sens profond**; mais je ne le revis plus après avoir terminé ce chapitre.
   Plus tard, le livre achevé, j'appliquai derechef mon cœur en me fixant une semaine ou, chaque jour, je réciterais dix fois le sûtra d'Amida et commémorerais trente mille fois le Buddha Amida, je contemplerai les ornements de son royaume durant la première et la dernière veille. Je pris refuge d'un cœur sincère, de la même manière que précédemment.
   Le soir même, je vis trois meules qui tournaient toutes seules sur le bord d'une route. Soudain, il y eut un homme qui venait à moi monté sur un chameau blanc, et il m'exhorta:    " Maître, vos effort vous feront assurément naître en Terre Pure, mais ne reculez pas ! Notre Univers est souillé et mauvais, et les souffrances y sont nombreuses. Ne vous consolez pas dans les plaisirs du désir !" - Je répondis: " Je reçois entièrement ce conseil d'un sage au bon cœur. Jusqu'à la fin de ma vie, je ne me risquerai pas à produire de pensées d'indolence !"
   Le deuxième soir , je vis le corps du Buddha Amida : de la couleur de l'or véritable, il était assis sur un lotus d'or, sous un arbre fait de sept joyaux. Dix religieux l'entouraient, assis chacun sous un arbre de joyaux. Au-dessus de l'arbre du Buddha se trouvait suspendu un vêtement céleste enroulé. Face à l'ouest, je contemplai tout cela assis, les mains jointes.
   Le troisième soir, je vis  deux mats à bannières, qui paraissaient très hauts, avec des bannières de cinq couleurs. Des voies partaient dans toutes les directions et je n'y percevais aucun obstacle.
   Ayant ainsi obtenu de voir tous ces signes, je m'arrêtai sans achever la semaine [de pratique que j'avais initialement prévue].
   J'avais fais le vœu de voir ces signes sacrés pour le profit des êtres, et non pour moi-même.Ayant bel et bien obtenu des les voir, je n'oserais pas les cacher: je les relate donc ici respectueusement à la suite de mon commentaire, pour qu'ils soient entendus des générations futures. Que cette relation fasse naître la foi chez les êtres animés qui l'auront entendue ! Qu'elle fasse se tourner vers la Terre Pure de l'Ouest les êtres conscients qui l'auront lue !
   Ces mérites, je les dirige vers les êtres pour leur offrir ! Que tous produisent la pensée de l'éveil et deviennent de véritables amis-de-bien apparentés par la bodhi, se faisant face avec compassion et se regardant avec l'œil du Buddha! Qu'ils se tournent pareillement vers le royaume de Pureté et réalisent ensemble l'éveil de Buddha !
   Ce commentaire ayant bel et bien été certifié par l'attestation que j'avais demandée, pas une seule phrase, pas un seul mot ne doit y être ajouté ou en être retranché ! Que celui qui veut le copier le fasse entièrement comme d'un Sûtra ! Cela doit être su ! [T.37 1753, k.4, p.278bc]

A y réfléchir sereinement, ce Commentaire du Sutra des contemplations de Shandao est la boussole indiquant la Terre Pure de l'Ouest, les yeux et les jambes du pratiquant ! Par conséquent celui qui s'engage sur le parcours de l'Ouest doit absolument le respecter ! Qu'il considère notamment ce religieux qui transmettait à Shandao le chapitre du Sens profond, chaque soir dans ses rêves. Ce religieux était vraisemblablement la manifestation d'un corps d'adaptation de 'Mida : on peut donc dire que ce Commentaire est un exposé transmis par 'Mida.
   Bien plus, la tradition des grands Tang [i.e de la Chine]  affirme que Shandao était un corps de transformation de 'Mida : On peut donc dire que ce texte est un exposé direct de 'Mida. D'ailleurs Shandao dit lui-même : "Que celui qui veut le copier le fasse entièrement comme d'un Sûtra !" Comme ces paroles sont vraies !

Si nous nous redressons respectueusement pour examiner sa nature originelle, il est [Amida,] le souverain de la Loi des quarante-huit vœux : selon l'appel de celui qui a parfaitement réalisé l'éveil voilà plus de dix périodes cosmiques, il y a de quoi nous confier au nembutsu.
   Si nous nous penchons humblement pour nous interroger sur sa manifestation , il est [Shandao,] le guide de la pratique exclusive du nembutsu : selon les paroles de celui qui a reçu le samâdhi il ne fait pas de doute que nous irons naître dans la Terre Pure. Bien que la nature originelle et la manifestation diffèrent , leur enseignement ne fait qu'un.




p.201-205 de 'Le Gué vers la Terre Pure - Senchaku-shû'

Traduit et annoté par Rev. Jérôme Ducor aux éditions Fayard.

Ici Maitre Honen cite Maitre Shandao qui relate un rêve dans sa conclusion de son Commentaire du Sutra des contemplations.



En espérant que cela ne posera pas de problèmes à Jérôme Ducor.


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Notes de Jérôme Ducor : 


* Les commentateurs du sutra des contemplations refutés par Shandao dans son Commentaire comme Jingying Huiyuan, etc.


** Le traitement de l'économie de ce sutra par Shandao constitue l'un de ses apports les plus originaux: il lui permet de montrer que les contemplations ne sont que des moyens habiles et que le sens profond du Sûtra porte sur la pratique exclusive du nembtsu jaculatoire (cf. Ducor, Shandao et Hônen p.131-132)


*** le Sens profond est le titre du premier des quatre chapitres du Commentaire de Shandao, ou il dresse le plan de son ouvrage ainsi que les grandes lignes de son interprétation. Compte tenu de son importance, ce chapitre circula en Chine comme un texte indépendant.Les trois autres chapitres forment un commentaire suivi du texte du Sutra des contemplations.

 
Namo 'Mida Samyaksambuddhaya !